Des soupçons d'accès à des informations confidentielles
Dans le dossier i-Police, désormais à l'instruction, N.G. est soupçonné d'avoir cherché à obtenir des renseignements confidentiels auprès de L.D., rapporte Le Soir. Cette dernière est inculpée pour violation du secret professionnel ; le porte-parole de la ministre l'est comme coauteur présumé.
N.G. travaille au cabinet d'Annelies Verlinden depuis les débuts de celle-ci au gouvernement, sous la coalition Vivaldi. Ces inculpations ne constituent pas une déclaration de culpabilité : elles signifient que le juge d'instruction a estimé disposer d'indices sérieux suffisants.
Un projet arrêté après près de 76 millions d'euros facturés
i-Police devait numériser les processus de travail de la police. Lancé fin 2021, le projet s'appuyait sur un marché de 299 millions d'euros passé avec la société française de conseil informatique Sopra Steria par Annelies Verlinden, alors ministre de l'Intérieur.
Des manquements avaient été signalés dès 2023 dans un audit de Deloitte commandé par la ministre, selon BX1. Annelies Verlinden affirme avoir ensuite instauré une équipe de gestion chargée de rendre compte directement au commissaire général de la police fédérale et nommé un gestionnaire de crise.
En décembre 2025, son successeur à l'Intérieur, Bernard Quintin (MR), a résilié le contrat. VRT NWS rapporte que près de 76 millions d'euros avaient déjà été facturés, sans résultat tangible. Peu après l'annonce de l'arrêt du projet, fin décembre 2025, le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête pour des soupçons de détournement de fonds publics et de conflit d'intérêts.
Selon VRT NWS, Annelies Verlinden a également fait l'objet de critiques pour avoir plaidé, en tant qu'avocate, pour Sopra Steria peu avant son entrée au ministère de l'Intérieur en 2020.
L'opposition demande des comptes
Les révélations sur les inculpations ont suscité des demandes d'explications de l'opposition. Le député PS Ridouane Chahid estime que la ministre "ne peut plus se dérober" et que "s'accrocher à son poste n'est plus une option".
Arthur Orlians, pour Anders, réclame une explication rapide. Groen et le Vlaams Belang demandent, de leur côté, la création d'une commission d'enquête parlementaire.
