À Etterbeek, un collectif de conducteurs anonymes réclame de rebaptiser la station Pétillon

Le "Collectif des conducteurs de métro anonymes de la STIB" renouvelle sa demande de changement de nom pour la station Pétillon. Dans un communiqué relayé par BX1, il appelle à "décoloniser l'espace public" bruxellois. Une pétition citoyenne portait déjà cette revendication en 2023.

Nathalie Lambert

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Une revendication déjà portée par des citoyens

"La décolonisation ne doit pas rester un slogan. Il est temps de passer aux actes", affirme le collectif dans son communiqué. Son appel relance la contestation du nom de cette station d'Etterbeek.

Dès la fin octobre 2023, des citoyens bruxellois avaient lancé une pétition pour la rebaptiser. Ils proposaient de rendre hommage à Lucie Spède, poétesse etterbeekoise morte en 2010. Selon la RTBF et The Brussels Times, la pétition comptait 500 signatures au 17 décembre 2023, puis plus de 600 à la fin de ce même mois.

Une décision qui appartient à la Région

La STIB ne décide pas du nom des stations de métro : cette compétence revient à la Région, tandis que l'opérateur est compétent pour les arrêts de surface. L'usage veut toutefois que la STIB propose un nouveau nom avant que le gouvernement régional ne le choisisse.

En décembre 2023, Elke Van den Brandt (Groen), ministre bruxelloise de la Mobilité, avait qualifié la demande de débaptisation de "légitime". Elle l'avait également jugée conforme aux objectifs régionaux et avait annoncé son examen.

Le gouvernement bruxellois a en effet adopté deux plans qui inscrivent la décolonisation de l'espace public parmi ses objectifs : le plan bruxellois de lutte contre le racisme 2023-2026 et le plan d'action "Vers la décolonisation de l'espace public en Région de Bruxelles-Capitale".

Un groupe de travail bruxellois avait élaboré plusieurs actions en ce sens en 2023. Malgré leur présentation, L'Avenir relève que les traces du passé colonial belge demeurent très présentes dans les rues de la capitale.

Le parcours colonial d'Arthur Pétillon

La station et la rue auxquelles ce débat se rapporte portent le nom d'Arthur Pétillon. À la fin du XIXe siècle, sous Léopold II, celui-ci a participé aux entreprises de la colonie du Congo belge.

L'Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale précise son parcours. Né à Péruwelz en 1855 et mort à Etterbeek en 1909, ce capitaine d'artillerie a fait carrière dans l'État indépendant du Congo (EIC) entre 1890 et 1894. Arrivé au Congo en 1890 pour construire une batterie à Shinkakassa, près de Boma, il a été nommé capitaine-commandant de la Force publique. En 1893, il a pris la tête des travaux de défense de l'EIC.

Arthur Pétillon compte aussi parmi les fondateurs de la Villa coloniale de Watermael-Boitsfort. Après les élections du 18 octobre 1903, il est devenu conseiller communal à Etterbeek.

Une station ouverte en 1976

La station tient son nom de la rue Major Pétillon, décrétée par un arrêté royal daté du 19 juin 1931.

Située entre Thieffry et Hankar sur la ligne 5 du métro bruxellois, elle accueille les voyageurs depuis le 20 septembre 1976. D'après la version espagnole de Wikipédia, sa rénovation s'est achevée en avril 2008, après un an et demi de travaux, pour un coût de 6,3 millions d'euros.

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