Pisa 2025 : moins d'inégalités entre élèves, la FWB rejoint la moyenne de l'OCDE (infographies)
Plus de 760.000 élèves représentant quelque 33 millions de jeunes de 15 ans à travers 91 pays ont participé à la plus vaste évaluation jamais menée par le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa). Le constat s'impose : les performances scolaires poursuivent leur chute au niveau mondial. Dans ce contexte de déclin généralisé, le système éducatif de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) affiche une certaine résilience et parvient même à réduire les inégalités entre élèves.
Pour la deuxième fois consécutive, après avoir franchi ce cap historique en 2022, les élèves de la FWB se situent dans la moyenne des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans les trois domaines évalués. L'équipe de recherche de l'Université de Liège, qui analyse les résultats pour la Communauté française, note que leurs performances atteignent la moyenne internationale en sciences, mathématiques et lecture.
En FWB, un échantillon représentatif de 2.819 élèves nés en 2009 a participé à cette évaluation. Ces jeunes se trouvaient en cinquième année primaire lors de la pandémie de COVID-19, un élément de contexte qui pourrait avoir influencé leur parcours scolaire.
Un maintien dans un océan de déclin
Si les élèves belges francophones ne décrochent plus par rapport à la moyenne internationale, cette stabilité relative masque une réalité moins réjouissante : c'est surtout parce que cette moyenne s'est fortement dégradée à l'échelle mondiale. Entre 2015 et 2025, les scores en lecture ont chuté de 28 points dans les pays de l'OCDE, soit l'équivalent d'environ un an et demi d'apprentissage. En mathématiques, la baisse atteint 22 points, correspondant à plus d'une année de scolarité.
Le phénomène touche désormais un élève sur cinq : 20% des jeunes de 15 ans à travers l'OCDE présentent de faibles performances en sciences, mathématiques et lecture, contre 16% en 2022. Cette proportion croissante d'élèves en difficulté témoigne de l'ampleur de la crise éducative mondiale.
L'édition 2025 de Pisa, qui se déroule tous les trois ans, s'est concentrée sur les sciences comme domaine principal d'évaluation, les mathématiques et la lecture constituant des domaines mineurs. Pour la première fois, l'enquête a également inclus des évaluations sur l'apprentissage dans le monde numérique et une évaluation optionnelle en langue étrangère. Contrairement aux examens traditionnels, Pisa mesure la capacité des élèves de 15 ans à appliquer leurs connaissances et compétences à des défis réels, plutôt que la simple mémorisation du contenu des programmes.
Les facteurs du déclin mondial
Les résultats mettent en lumière plusieurs facteurs contribuant à cette dégradation généralisée. L'augmentation de la numérisation, l'allongement du temps d'écran et la diminution de la lecture pour le plaisir coïncident avec l'affaiblissement des compétences en littératie. La proportion de « lecteurs hâtifs » a ainsi grimpé de 7% en 2018 à 11% en 2025, révélant des difficultés croissantes de concentration et de compréhension approfondie.
À l'échelle internationale, les systèmes éducatifs les plus performants demeurent les juridictions chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, suivies de Singapour. L'Estonie, le Japon, la Corée, Macao, le Taipei chinois et le Royaume-Uni complètent le top 10 des meilleurs systèmes éducatifs mondiaux.
La réaction politique
Valérie Glatigny, vice-ministre-présidente de la Communauté française et ministre de l'Enseignement obligatoire depuis juillet 2024, qui occupait auparavant le poste de ministre de l'Enseignement supérieur de 2019 à 2023, a réagi aux résultats en soulignant la nécessité de poursuivre les réformes engagées. Malgré le maintien de la FWB dans la moyenne de l'OCDE, la ministre insiste sur l'urgence d'améliorer durablement les compétences des élèves face à un contexte international préoccupant.
Les données historiques montrent que la FWB a atteint pour la première fois la moyenne de l'OCDE en 2022, avec un score de 474 points en mathématiques contre 472 pour la moyenne de l'OCDE. Les résultats de 2025 confirment cette tendance et marquent une réduction des inégalités scolaires, un signal positif dans un paysage éducatif mondial en difficulté.






