Rentrée scolaire sous tension : grèves d'enseignants et perturbations de transport annoncées

Les 900.000 élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles font leur rentrée ce lundi dans un climat tendu. Les syndicats d'enseignants maintiennent la pression contre les réformes gouvernementales, tandis qu'une grève des TEC pourrait perturber les déplacements scolaires.

Thomas Peeters

5 min de lecture

83773877.jpeg

Rentrée scolaire sous tension : grèves d'enseignants et perturbations de transport annoncées

La rentrée scolaire 2026 s'annonce particulièrement mouvementée pour les 900.000 élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Alors que les cours reprennent ce lundi 24 août, la mobilisation des enseignants contre les réformes du gouvernement ne faiblit pas, deux mois après une forte contestation au printemps.

Les réformes entrent en vigueur dès cette rentrée, suscitant de vives inquiétudes chez les enseignants et les parents d'élèves. Parmi les mesures les plus contestées figure l'augmentation de deux périodes hebdomadaires de cours pour les professeurs du secondaire supérieur, soit une hausse de 10% de la charge de travail sans compensation salariale. Cette disposition fait partie d'un train de mesures d'austérité adopté par le parlement en juin 2026 après une séance marathon de 14 heures.

Des actions prévues dans les prochaines semaines

Aucune fermeture d'école n'est annoncée pour ce premier jour de rentrée.

Je ne pense pas que les écoles seront fermées à la rentrée, parce que les enseignants savent que c'est un moment important pour les élèves
, explique Roland Lahaye du CSC Enseignement. Mais l'absence de fermetures ne signifie pas l'absence de mobilisation.

La détermination des enseignants reste intacte selon Adrien Rosman du Setca-Sel :

Il n'y a aucune raison que les deux mois d'été aient altéré la détermination des membres du personnel.
Durant les vacances, plusieurs actions symboliques ont été menées, notamment l'envoi de cartes postales aux responsables politiques et l'organisation d'assemblées citoyennes.

Les syndicats préparent activement la suite. Des réunions et assemblées sont prévues dans les établissements scolaires ces prochains jours pour définir les prochaines actions. Le collectif indépendant Mars Attacks ! a déjà annoncé qu'il poursuivrait sa mobilisation.

Un contexte de réformes systémiques

Ces mesures s'inscrivent dans le cadre plus large du Pacte pour un Enseignement d'excellence, une réforme systémique lancée en 2015 et déployée progressivement depuis 2017 jusqu'en 2030. Le tronc commun, qui uniformise le parcours des élèves, s'étend désormais à l'enseignement secondaire.

Parmi les changements structurels majeurs figure la suppression de la 1ère différenciée, une filière destinée aux élèves en difficulté. Ces derniers seront désormais intégrés dans les classes ordinaires avec des mesures de soutien renforcées, pour un budget de 24,5 millions d'euros par an représentant environ 10.000 périodes-professeurs.

Une autre réforme sensible entre également en application : le décret Neutralité, adopté en octobre 2025, qui interdit aux enseignants, directeurs et éducateurs des écoles officielles de porter des signes religieux ou convictionnels, à l'exception des professeurs de religion et de morale.

Ces réformes interviennent alors que les inscriptions dans les programmes de formation des enseignants ont chuté de 31% en trois ans, soulevant des interrogations sur l'attractivité du métier et les pénuries futures d'enseignants.

Perturbations sur le réseau TEC

Au-delà des tensions dans le secteur de l'enseignement, les trajets scolaires risquent également d'être perturbés. Le front commun syndical a déposé un préavis de grève sur l'ensemble du réseau TEC pour les jeudi 27 et vendredi 28 août, après l'échec d'une conciliation régionale début août.

Des suppressions de parcours et des perturbations sont attendues sur les réseaux de Liège-Verviers, Charleroi, Namur-Luxembourg et Hainaut. Cette action de deux jours vise à

mettre la pression
sur le monde politique, selon Serge Delchambre, secrétaire interrégional de la CGSP Tram-Bus-Métro.

Le conflit porte notamment sur l'octroi d'écochèques de 100 euros pour l'année 2026. Les syndicats (CGSP Tram-Bus-Métro, Synova et CSC Services publics) dénoncent le fait que cette suppression n'était pas inscrite dans les mesures budgétaires fédérales publiées au Moniteur belge, et que la direction invoque désormais des mesures d'économie pour justifier ce retrait.

Les usagers du TEC ont déjà subi de nombreuses perturbations en 2026. Une enquête menée en juin révèle que 76% des passagers ont connu des trajets perturbés au cours des six derniers mois, faisant chuter la satisfaction de 69% à 67%. Une grève illimitée avait notamment paralysé le réseau en janvier et début février, protestant contre les mesures d'économie exigées par le gouvernement wallon.

Une réunion avec la direction du TEC est prévue mardi, mais les syndicats ignorent si elle permettra d'éviter cette nouvelle action.

Circulation difficile à Bruxelles

À Bruxelles, la circulation sera fortement perturbée lundi matin en raison des funérailles nationales du sergent-major Olivier Francotte, pompier de la 21e compagnie décédé le 14 août lors d'une intervention suite à une fuite de gaz et deux explosions au Treurenberg, dans le centre de Bruxelles. L'accident a également grièvement blessé un autre pompier et deux agents de Sibelga.

Plusieurs axes seront fermés entre 9h et 11h pour permettre le passage du cortège funéraire entre la caserne de l'Héliport et la Basilique de Koekelberg. Le cortège empruntera l'avenue de l'Héliport, le boulevard Baudouin, le square Sainctelette, le boulevard Léopold II, l'avenue de Jette, l'avenue des Gloires Nationales et l'avenue Jacques Sermon. Les autorités demandent aux automobilistes d'éviter ces secteurs.

Par ailleurs, le chantier de la Barrière de Saint-Gilles entre dans une nouvelle phase. L'avenue du Parc, la chaussée d'Alsemberg et l'avenue Paul Dejaer seront mises en cul-de-sac à hauteur du carrefour pour permettre le remplacement des voies du tram. Le tram 81 circulera uniquement entre Montgomery et Trinité, le 97 ne sera pas exploité, et plusieurs lignes de bus seront déviées.

Le gouvernement tend la main

Face à cette mobilisation persistante, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles affiche sa volonté d'apaisement. La ministre de l'Éducation Valérie Glatigny, qui occupe également le poste de vice-présidente de la Fédération depuis juillet 2024, a fixé un rendez-vous le 1er septembre avec les acteurs de l'école.

La ministre MR a annoncé son intention de créer un comité de suivi des réformes, associant divers acteurs du secteur éducatif, des directions d'établissement et des économistes. Parallèlement, le gouvernement met en avant certaines mesures positives de cette rentrée, notamment l'extension de la gratuité des fournitures scolaires à tous les élèves du primaire jusqu'à la 6e année, dans l'enseignement ordinaire comme spécialisé.

Reste à savoir si ces gestes d'ouverture suffiront à apaiser un climat social particulièrement tendu à quelques heures de la rentrée.

EnseignementBruxellesWallonie
← Retour à Éducation

À lire aussi