PISA 2025 : chute sans précédent des performances scolaires mondiales
Les résultats de l'étude PISA 2025 marquent un tournant alarmant pour l'éducation mondiale. Après une décennie de relative stabilité, les performances scolaires connaissent une détérioration sans précédent dans l'ensemble des pays participants. Cette évaluation, la plus large jamais menée avec 760 000 élèves testés dans 91 pays et économies représentant quelque 33 millions de jeunes de 15 ans, confirme une tendance inquiétante amorcée dès 2015.
Parmi les 23 pays historiquement participants à l'enquête PISA, la moyenne a reculé de 5 points en sciences (passant de 491 à 486), de 11 points en mathématiques (de 480 à 469) et de 16 points en lecture (de 482 à 466). L'OCDE constate officiellement que ces résultats constituent les plus faibles jamais enregistrés dans toutes les matières, se situant en deçà des moyennes de tous les cycles précédents.
Un retard scolaire équivalant à plus d'un an d'apprentissage
Pour mesurer l'ampleur de cette régression, l'OCDE traduit ces chiffres en temps d'apprentissage perdu. La baisse de 28 points en lecture observée entre 2015 et 2025 à l'échelle de l'OCDE équivaut à environ un an et demi d'apprentissage. En mathématiques, la chute de 22 points correspond à un peu plus d'une année scolaire. Ces pertes ne sont pas abstraites : elles reflètent des compétences essentielles non acquises par toute une génération d'élèves.
Plus préoccupant encore, un élève sur cinq dans les pays de l'OCDE est désormais considéré comme peu performant en sciences, mathématiques et lecture, contre 16 % en 2022. Cette proportion croissante d'élèves en difficulté révèle que la dégradation ne concerne pas seulement les moyennes générales, mais touche particulièrement les jeunes les plus fragiles.
La lecture rapide mais inexacte en forte hausse
L'étude PISA 2025 identifie également un phénomène comportemental inquiétant : la « lecture hâtive », caractérisée par une lecture rapide mais inexacte. Cette pratique a presque doublé, passant d'environ 7 % des élèves en 2018 à 9-11 % en 2025. Ce changement traduit une évolution des habitudes de lecture, probablement liée à l'exposition accrue aux contenus numériques et aux distractions technologiques.
Cette édition 2025 introduisait par ailleurs un nouveau domaine d'évaluation : la résolution de problèmes informatiques, aux côtés des disciplines traditionnelles que sont les sciences, la lecture et les mathématiques.
Des systèmes éducatifs à contre-courant
Malgré ce tableau sombre, certains systèmes éducatifs résistent à la tendance générale. Les juridictions chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, ainsi que Singapour, figurent en tête du classement mondial. L'Estonie, le Japon, la Corée, Macao, le Taipei chinois et le Royaume-Uni complètent le palmarès des dix premiers.
Plus encourageant encore, quelques pays ont amélioré leurs performances entre 2015 et 2025, notamment la Lituanie, la République slovaque, la Turquie, les Émirats arabes unis et l'Uruguay en sciences. Ces exemples démontrent que le déclin n'est ni inévitable ni irréversible, et que des politiques éducatives efficaces peuvent inverser la tendance.
COVID-19 : un facteur aggravant, mais pas unique
Si la pandémie de COVID-19 est souvent invoquée pour expliquer ces résultats catastrophiques, les données de l'OCDE nuancent cette explication. Les fermetures d'écoles ont certes eu un impact significatif, avec une baisse moyenne des scores en mathématiques équivalant à sept mois d'apprentissage, particulièrement marquée chez les élèves ayant subi les fermetures les plus longues, les garçons, les élèves immigrants et les jeunes défavorisés.
Toutefois, le déclin des performances avait débuté bien avant la crise sanitaire. Les scores en lecture ont atteint leur pic autour de 2012, tandis que les mathématiques ont connu une chute particulièrement prononcée après 2018. Les résultats 2025 reflètent donc à la fois des tendances structurelles de long terme et les effets de la pandémie.
Le cas belge francophone
En Fédération Wallonie-Bruxelles, l'enquête a porté sur 2 819 élèves nés en 2009. Cette génération se trouvait en 5e année primaire lors de la pandémie et n'a pas été concernée par les nouvelles réformes éducatives du « tronc commun » ni par les nouveaux référentiels du Pacte pour un enseignement d'excellence. Leurs résultats s'inscrivent donc dans un contexte éducatif transitoire, entre l'ancien système et les réformes en cours de déploiement.
Face à ces constats, la ministre belge de l'Enseignement Valérie Glatigny a réagi en soulignant qu'il ne fallait pas « cacher la poussière sous le tapis », reconnaissant que ces résultats ne sont pas satisfaisants. Dans les commentaires publics, certains observateurs déplorent une « stabilité remarquable dans la médiocrité » et remettent en question la logique du moindre effort qui prévaudrait dans certains systèmes éducatifs.






