De la fabrication aux conditions de travail
Qui confectionne les articles proposés en boutique ou sur Internet ? Le recours important à la sous-traitance complique l'identification des lieux de fabrication et des conditions dans lesquelles les vêtements sont produits. La conférence expliquera cette organisation de l'industrie textile, en s'intéressant aux salaires, à la sécurité et à la santé des personnes qui y travaillent.
Chargé de projet chez achACT, Denis Clérin représente également la Clean Clothes Campaign (Campagne Vêtements Propres) auprès de cette association belge sans but lucratif. Installée à Namur, achACT sensibilise le public aux conditions de travail dans l'industrie textile.
L'eau, la pollution et la surproduction
Les effets environnementaux de cette production seront aussi au programme, notamment la pollution de l'air et les besoins en eau. Test Achats indique que la fabrication d'un jean nécessite 2 700 litres d'eau. À l'échelle du secteur textile, France 24 rapportait en juin 2026 une contribution de près de 10 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.
La conférence posera également la question des volumes : les achats de vêtements dépassent largement les besoins réels et alimentent la surproduction. Denis Clérin présentera la réduction des achats comme un premier moyen de la freiner. Il proposera aussi de prolonger l'usage des vêtements grâce à la réparation et à la seconde main.
L'action collective fait partie des pistes annoncées. Soutenir les travailleuses du textile peut notamment passer par des pétitions pour peser sur les décisions des grands groupes et des responsables politiques.
Le réemploi se heurte à la baisse de qualité
Acheter d'occasion ne résout toutefois pas toutes les difficultés. Selon Test Achats, la forte dégradation de la qualité des vêtements en vingt ans empêche les acteurs de la seconde main de revendre une partie des articles reçus.
Le rapport publié par Oxfam France en septembre 2026 distingue les vêtements collectés de ceux qui trouvent effectivement un nouvel usage. Dans le monde, seulement 25 % des vêtements dont les consommateurs se défont sont réutilisés ou revendus. En France, 58,6 % des 289 393 tonnes de textiles collectées en 2024 ont été jugés aptes au réemploi.
Le même rapport décrit les difficultés du Relais, principal collecteur textile de l'économie sociale et solidaire en France et membre d'Emmaüs France. En juin 2026, l'organisme a annoncé une forte réduction de son activité, invoquant une dégradation devenue insoutenable de l'équilibre économique de la filière. Cette annonce prévoyait le retrait de près de 4 000 de ses 16 000 bornes, touchant environ 3 500 communes, et la suppression de 60 emplois d'insertion.
Ces difficultés s'inscrivent dans un marché international important : plus de 4,8 milliards de kilogrammes de vêtements d'occasion ont été exportés dans le monde en 2024, soit des dizaines de milliards de pièces, selon Oxfam France. Le rapport prévoit par ailleurs que le marché européen des vêtements d'occasion progressera de près de 64 %, passant de 15,9 milliards d'euros en 2024 à 26 milliards en 2030.
Des règles européennes et françaises sur les textiles
La gestion des textiles usagés fait désormais l'objet d'obligations européennes. Depuis janvier 2025, les États membres doivent organiser leur collecte séparée pour permettre leur réemploi et leur recyclage. D'après la Représentation en France de la Commission européenne, l'Union avait produit environ 12,6 millions de tonnes de déchets textiles en 2019 ; un cinquième seulement avait été collecté séparément.
Entrée en vigueur le 16 octobre 2025, la directive-cadre révisée sur les déchets exige aussi que chaque État membre instaure une responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les textiles et les chaussures. Elle prévoit que l'ensemble des textiles issus de la collecte séparée soient considérés comme des déchets et soumis à un tri avant toute expédition.
En France, le Parlement a définitivement adopté, le 29 juin 2026, une loi visant la "mode ultra-express", notamment Shein, Temu et AliExpress, rapporte France 24. Le texte instaure un malus pouvant atteindre 20 euros par pièce en 2030, dans la limite de 50 % du prix hors taxe. Il interdit également la publicité pour ces marques, y compris par l'intermédiaire d'influenceurs. Des enseignes européennes telles que Zara et Kiabi ne sont pas concernées.
Le rendez-vous à Brussels Expo
Intitulée "La Fast fashion: les dessous non éthiques de nos vêtements", la conférence est annoncée dans le cadre de Welcome Home, les 14 et 15 novembre au Palais 7 de Brussels Expo. Les membres de Test Achats bénéficient d'une réduction sur leur billet.

