Des trains perturbés, mais pas d'arrêt général des transports franciliens
SNCF Voyageurs prévoit une circulation "légèrement perturbée" pour les TGV et "perturbée" pour les Intercités, les TER ainsi que les trains et RER d'Île-de-France. Ces prévisions nationales ne donnent toutefois pas le détail du service sur chaque ligne.
Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF participent à l'appel : CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT-Cheminots. Parmi leurs griefs figurent des salaires qui stagnent et un "déclassement social".
La situation annoncée est différente à la RATP : métro, bus et tramways doivent fonctionner normalement. Le RER B fait exception à cette prévision de trafic normal. L'appel à la grève ne se traduit donc pas par une paralysie annoncée de l'ensemble des transports franciliens.
Écoles : cours, cantines et périscolaire pourront être touchés différemment
Le ministère prévoit 17,54 % de grévistes dans le premier degré public, d'après les chiffres relayés mercredi par Ici. Les cantines et l'accueil périscolaire pourraient également connaître des perturbations, sans nécessairement suivre la situation des cours : leur fonctionnement dépendra de la participation de leurs propres personnels.
Selon actu.fr, les syndicats de l'éducation se mobilisent pour les rémunérations, les conditions de travail et les moyens de l'École. Ils demandent notamment le dégel du point d'indice et s'opposent aux suppressions de postes inscrites dans le projet de budget 2027. Leurs appels concernent aussi le privé sous contrat.
Dans les collèges et les lycées, les organisations syndicales comptent sur une mobilisation des enseignants soutenue par le mouvement lycéen. Aux absences de personnels pourraient s'ajouter des blocages d'établissements.
Un autre appel vise les écoles privées indépendantes, dites "hors contrat". La Fep-CFDT, le SNEPL-CFTC et le SNPEFP-CGT invitent leurs salariés à faire grève contre une proposition patronale de 1,3 %. Ils présentent cette initiative comme une première pour la branche.
Les lycéens veulent rejoindre les cortèges des salariés
Les blocages de lycées et d'universités ont redémarré les lundi 2 et mardi 3 novembre, après les vacances de la Toussaint et environ un mois et demi de mobilisation. Les conditions d'études, les ressources consacrées à l'éducation et l'accès au supérieur font partie des revendications.
Les bilans restent très éloignés selon les sources. Mardi matin, le ministère de l'Éducation nationale comptait 48 lycées bloqués parmi quelque 3 700, contre 41 lundi. Il ne relevait aucune perturbation dans les trois quarts des départements. L'Union syndicale lycéenne avançait pour sa part le chiffre de 500 établissements bloqués.
L'organisation lycéenne demande de bloquer les établissements, puis de rejoindre les manifestations de salariés. Les organisations de jeunesse entendent ainsi inscrire leur contestation dans la journée interprofessionnelle.
Santé et secours : des appels à la grève, avec une continuité des soins
Les rémunérations et les budgets des établissements sont au centre de l'appel de la Fédération CGT de la Santé et de l'Action sociale. La CFTC Santé Sociaux invite également les personnels du public comme du privé à se mobiliser. Le secteur social et médico-social est lui aussi concerné, avec des revendications sur les moyens, les salaires et les conditions de travail.
Comme le rappelle Le Parisien, les établissements de santé sont tenus d'assurer la continuité de leur activité. Des perturbations sont possibles, mais l'appel ne signifie pas une fermeture générale des services. Des médecins et des pharmaciens sont également invités à participer ; les informations disponibles ne permettent pas de chiffrer les fermetures de cabinets ou d'officines à l'échelle nationale.
Les sapeurs-pompiers prendront aussi part à la journée, rapporte actu.fr. Leur grève a commencé début septembre 2026. Selon la CFDT, leur mouvement dans les SDIS a été reconduit quotidiennement jusqu'au 4 décembre.
La Poste, les impôts et la Sécurité sociale également concernés
À La Poste, la CFDT, la CGT FAPT, Sud PTT et FO appellent à cesser le travail. Deuxième syndicat de l'entreprise, la CGT a déposé un préavis illimité prenant effet le 5 novembre.
Solidaires Finances Publiques, première organisation représentative à la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), appelle l'ensemble des agents à la grève jeudi. Le syndicat leur demande aussi de réfléchir aux modalités d'une reconduction, selon actu.fr du 3 novembre.
À la Sécurité sociale, l'intersyndicale a lancé le 3 novembre un appel aux agents et invité les assurés sociaux à se joindre à eux. Dans une lettre ouverte transmise à l'AFP et rapportée par actu.fr, elle conteste les coupes prévues dans le budget de la Sécu.
La journée ne se limite pas aux services publics : des appels à la mobilisation ont aussi été lancés dans les banques et les mutuelles.
Une intersyndicale élargie autour des rémunérations
Après la mobilisation de la fonction publique du 29 septembre, la CFDT, la CGT, FO, l'Unsa et la FSU ont lancé début octobre l'appel interprofessionnel du 5 novembre. D'autres organisations les ont ensuite rejointes, tandis que la contestation lycéenne et étudiante prenait de l'ampleur. Les rassemblements des samedis 17, 24 et 31 octobre ont prolongé la mobilisation contre la vie chère.
La CFE-CGC, d'abord plus réservée, s'est ralliée à l'appel. Sa présidente Christelle Thieffinne a confirmé la participation du syndicat de l'encadrement pour la "défense du pouvoir d'achat", selon des propos rapportés le 2 novembre par l'AFP et La Voix du Nord.
Sud Ouest rapporte le 4 novembre une inflation de 3,4 % sur un an selon l'Insee, alimentée par la guerre au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les demandes salariales occupent une place centrale : la CGT veut relever le Smic de 10 %, tandis que la CFDT réclame une augmentation de 100 euros net.
Le 3 novembre à l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a exprimé l'espoir que le gouvernement puisse présenter, autour du 5 novembre, des mesures pour relancer la dynamique salariale. Selon Sud Ouest, il a notamment évoqué le Smic et les négociations de branches.
252 manifestations recensées par la CGT, des parcours encore en attente
La carte publiée par la CGT recensait mardi 252 manifestations en France. Selon BFMTV, jusqu'à 700 000 personnes sont attendues hors région parisienne. Salariés, fonctionnaires, retraités, lycéens et étudiants sont appelés à défiler.
La coordination des gilets jaunes souhaite participer sous le mot d'ordre d'un "5 novembre du peuple", rapporte France Info. Début novembre, elle affichait sur son site 294 lieux d'action, selon NVO du 2 novembre : ronds-points, stations-service, raffineries, gares, lycées et universités.
À Paris, le parcours n'était pas encore validé mercredi à la mi-journée. Les syndicats demandaient de défiler de Bastille à Concorde et attendaient la réponse de la préfecture.
Des forces de sécurité renforcées
Laurent Nuñez a demandé aux préfets de "travailler dans le même esprit que pour les journées du 24 et 31 octobre". Il entend éviter une répétition des dégradations, violences et pillages du 17 octobre, dont Libération rappelle l'intensité inédite.
Les consignes prévoient des "dispositifs opérationnels robustes, agiles et réactifs" et des renforts de police et de gendarmerie "pendant cette journée sensible". Les préfets et responsables de sécurité sont également invités à prendre "toute mesure de police administrative". Cela peut comprendre des interdictions de manifester en centre-ville, des arrêtés permettant l'usage de drones ou des interdictions de porter des armes et des équipements de protection.
Une poursuite du mouvement encore incertaine
Pour les syndicats, jeudi permettra d'évaluer la capacité à faire converger les différentes mobilisations. La plupart n'évoquent pas, à ce stade, de reconduction après le 5 novembre. Solidaires l'envisage néanmoins, et la FSU juge qu'une journée ne suffira pas. La coordination des gilets jaunes évoque des actions les 6 et 7 novembre.
Ces prévisions reposent sur les informations connues mercredi 4 novembre à la mi-journée. La participation réelle et l'ampleur des perturbations ne peuvent pas être déduites des seuls appels à la grève.




