Midterms 2026 : les démocrates remportent les deux chambres du Congrès, selon les projections

Le vote du 3 novembre inflige un net revers à Donald Trump et aux républicains. Selon les projections d'AP et de NBC News, les démocrates ont obtenu la double majorité qu'ils espéraient pour freiner l'action du président américain.

Camille Wouters

3 min de lecture

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Une large majorité attendue à la Chambre

NBC News estime que les démocrates devraient décrocher environ 255 sièges à la Chambre des représentants, dont l'ensemble des membres était renouvelé. Cette projection dépasse largement le seuil de 218 élus nécessaire pour détenir la majorité et pourrait leur donner leur plus large assise dans cette chambre depuis près de vingt ans.

Leur victoire s'étend au Sénat, où plusieurs sièges détenus par les républicains ont basculé. Ce résultat confirme les espoirs nourris pendant la campagne : les sondages annonçaient une victoire démocrate à la Chambre et laissaient ouverte la possibilité d'un changement de majorité au Sénat.

Des victoires jusque dans les bastions républicains

Au Texas, James Talarico a battu Ken Paxton, offrant aux démocrates leur première victoire sénatoriale dans cet État depuis plus de trois décennies. Au Kansas, Adam Hamilton a délogé le sortant Roger Marshall : l'État n'avait pas élu de sénateur démocrate depuis 1932.

Les démocrates ont également remporté les duels opposant Sherrod Brown à Jon Husted dans l'Ohio, Troy Jackson à la sénatrice sortante Susan Collins dans le Maine, et Josh Turek à Ashley Hinson dans l'Iowa. Roy Cooper a, lui aussi, gagné un siège au Sénat en Caroline du Nord.

Les élections aux postes de gouverneurs ont apporté d'autres succès au parti dans des terres républicaines. Selon les projections des médias américains, Gina Hinojosa a battu le gouverneur sortant Greg Abbott au Texas, tandis qu'Amy Acton a remporté l'élection dans l'Ohio.

Trump accepte les résultats, mais refuse d'y voir un rejet personnel

Donald Trump, 80 ans, s'était fortement investi dans la campagne, multipliant les meetings et annonçant des conséquences apocalyptiques si les démocrates l'emportaient. Face aux sondages défavorables, il assurait encore pouvoir déjouer les pronostics. Le scrutin avait ainsi pris la dimension d'un référendum sur sa présidence.

Le 4 novembre, le président a déclaré accepter les résultats et ne pas vouloir les contester. Il a toutefois écarté toute responsabilité personnelle : "je ne considère pas que c'était dirigé contre moi". Tout en saluant le "bon boulot" des démocrates, il a attribué une partie de la défaite républicaine à la guerre en Iran.

Selon l'Associated Press, ce scrutin a révélé une profonde frustration des électeurs face au niveau des prix, à la guerre en Iran et aux préoccupations concernant la corruption au sein du gouvernement.

De nouveaux moyens de contrôle sur la présidence

Comme le rappelait Le Soir avant le vote, les élections de mi-mandat se traduisent historiquement par un recul au Congrès du parti installé à la Maison Blanche. Avec la Chambre, les démocrates disposeront de davantage de poids sur le budget fédéral et pourront ouvrir des enquêtes parlementaires, notamment sur les accusations de corruption visant Donald Trump et ses proches.

Le quotidien estimait aussi que ce rendez-vous électoral amorcerait, quelle qu'en soit l'issue, la dernière phase de la carrière d'homme d'État de Donald Trump et lancerait, dans les deux partis, la course à sa succession en 2028.

À la Chambre, le changement de majorité prendra effet le 3 janvier. Le chef des démocrates, Hakeem Jeffries, devrait alors devenir le premier président noir de l'institution.

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