Midterms 2026 : les démocrates remportent le Sénat, Trump refuse d'assumer le revers

Les résultats rapportés par Le Soir donnent aux démocrates 52 sièges au Sénat et une nette avance à la Chambre des représentants. Le Texas et le Kansas ont basculé. Donald Trump se dit prêt à accepter le verdict des urnes et à travailler avec l'opposition, sans y voir une défaite personnelle.

Camille Wouters

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Des bastions républicains passent aux démocrates

Le décompte encore partiel fait état de 52 sièges démocrates contre 41 républicains au Sénat. À la Chambre des représentants, les démocrates en ont remporté 197, contre 117 pour leurs adversaires. Selon CBS News, le scrutin portait sur les 435 sièges de la Chambre et 35 sièges sénatoriaux, dont deux élections spéciales. Les républicains défendaient au Sénat une majorité de 53 élus contre 47.

Parmi les résultats marquants figure celui du Texas, où James Talarico permet aux démocrates de conquérir un bastion républicain. La BBC relève un déplacement d'environ 9 points en leur faveur par rapport à l'élection sénatoriale de 2024. Au Kansas, la victoire d'Adam Hamilton porte un démocrate au Sénat pour la première fois depuis 1932.

La Géorgie et la Caroline du Nord, remportées par Donald Trump à la présidentielle de 2024, ont livré les premiers signes du revers républicain : Jon Ossoff conserve son siège face à Mike Rogers, tandis que Roy Cooper gagne avec une large avance. En Caroline du Sud, Annie Andrews bat Darline Graham, qui briguait la succession de son frère Lindsay Graham, décédé en juillet. Cet État n'avait plus élu de sénateur démocrate depuis 1998, rappelle la BBC.

D'autres courses restent ouvertes. Abdul El-Sayed dispose d'une légère avance dans le Michigan, tandis que Susan Collins, sénatrice républicaine du Maine, n'est pas encore fixée sur son sort.

L'économie au premier rang des préoccupations

Le sondage de sortie des urnes cité par la BBC place l'économie en tête des préoccupations nationales, devant l'état de la démocratie. Plus des deux tiers des personnes interrogées estiment que les politiques de Donald Trump ont dégradé les conditions économiques. Cette enquête indique aussi une forte mobilisation des femmes, qui ont majoritairement voté démocrate.

En Floride, ce même sondage fait apparaître un retournement du vote hispanique : 55 % des électeurs de ce groupe ont choisi la démocrate Angie Nixon pour le Sénat, contre 44 % pour la républicaine Ashley Moody. En 2024, quelque 55 % avaient soutenu Donald Trump.

Les enquêtes précédant le scrutin annonçaient déjà les difficultés du président. Le dernier sondage du New York Times donnait les démocrates en tête dans les sept États clés de la bataille sénatoriale. Dans les États pivots, seuls 38 % des sondés approuvaient son action.

Le Soir voit dans la guerre contre l'Iran une explication probable d'une grande partie du revers républicain. Entré dans son huitième mois, ce conflit était impopulaire dès son déclenchement et a pesé sur le prix de l'essence payé par les Américains.

L'AAA chiffrait à 4,15 dollars le prix moyen national du gallon d'essence ordinaire le 3 novembre 2026. Les niveaux restaient records pour l'automne : en septembre, la moyenne mensuelle avait atteint 4,33 dollars, dépassant de 50 cents le précédent record pour ce mois. Le pétrole brut se maintenait au-dessus de 100 dollars le baril.

Trump accepte les résultats, mais se dégage de toute responsabilité

Au New York Times, Donald Trump a déclaré être "tout à fait disposé à accepter ces résultats" et s'est dit prêt à collaborer avec les démocrates pour trouver un terrain d'entente. Il refuse pourtant toujours de reconnaître sa défaite présidentielle de 2020 et avait évoqué des fraudes avant même ces élections de mi-mandat.

Sur Truth Social, il a rejeté l'idée d'un échec personnel : "Je n'étais pas sur le bulletin et si je l'avais été, nous aurions LARGEMENT gagné". Pendant la campagne, il avait néanmoins demandé à ses partisans de se mobiliser comme s'il était lui-même candidat.

Un responsable américain interrogé par l'AFP a décrit une attitude de défi à la Maison-Blanche, affirmant que le résultat renforcerait la détermination du président à combattre la gauche radicale. Avant les premiers résultats, Donald Trump avait également publié trois messages visant Fox News, qu'il accusait de chercher délibérément à lui nuire.

Une annonce sur l'aide à Israël en pleine journée électorale

Alors que le vote était en cours, Donald Trump a annoncé sur Fox News l'arrêt d'une aide à Israël représentant, selon Le Soir, quatre milliards de dollars par an. Il a assuré avoir convenu plusieurs mois auparavant avec Binyamin Netanyahou d'y mettre fin d'ici la fin de l'année.

Le Premier ministre israélien négociait effectivement une extinction progressive de cette aide, rapporte Le Soir, mais n'envisageait pas une fin aussi rapide. Son opposant Gadi Eisenkot a critiqué le fait que l'appareil sécuritaire israélien ait découvert cette évolution dans les médias.

Globes rappelle que l'accord militaire conclu en 2016 sous l'administration Obama prévoit 38 milliards de dollars pour les exercices 2019 à 2028. Il réserve 33 milliards principalement aux achats de défense et 5 milliards aux programmes conjoints de défense antimissile Iron Dome, David's Sling et Arrow. Le versement des fonds reste soumis, chaque année, à l'approbation budgétaire du Congrès.

Malgré l'échéance de fin d'année avancée par Trump, Globes estime que ses propos ne permettent pas d'établir le calendrier effectif de l'arrêt, son caractère progressif ou immédiat, ni les composantes de l'assistance sécuritaire concernées. L'accord en vigueur expire en septembre 2028, quelques mois avant la fin de son second mandat.

Les leviers d'un Congrès démocrate et les pouvoirs du président

Les pertes du parti présidentiel aux élections de mi-mandat sont fréquentes. D'après l'Encyclopaedia Britannica, les 22 scrutins organisés entre 1934 et 2018 lui ont coûté en moyenne 28 sièges à la Chambre et 4 au Sénat. Depuis 1934, il n'a gagné des sièges dans les deux assemblées qu'à deux reprises.

Une majorité démocrate à la Chambre pourrait rejeter les propositions législatives et budgétaires de la Maison-Blanche, voter ses propres textes et lancer des enquêtes visant Donald Trump. Le président a déjà menacé d'opposer son veto aux textes d'un Congrès démocrate. Pour surmonter ce veto, les parlementaires doivent réunir une majorité des deux tiers dans chacune des deux chambres.

Au Sénat, les démocrates pourraient bloquer ou retarder les nominations présidentielles, notamment celles de juges fédéraux et de membres de la Cour suprême. Une procédure de destitution reste en revanche peu probable, selon Le Soir : si la Chambre peut voter la mise en accusation à la majorité simple, une condamnation au Sénat exige les deux tiers des voix.

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