Des écarts importants avec les tarifs de mars
En Wallonie, Test Achats relève pour novembre un prix moyen de l'électricité à tarif fixe de 21,51 c€/kWh, contre 14,18 c€/kWh en mars. Ces montants couvrent uniquement l'énergie, avec une TVA de 6 %. Pour une consommation annuelle de 3 500 kWh, l'organisation évalue le surcoût à environ 397 euros.
Le gaz à prix fixe atteint dans la région une moyenne de 9,05 c€/kWh, contre 5,14 c€/kWh en mars, également pour la seule composante énergie, TVA de 6 % comprise. Test Achats chiffre la différence annuelle à environ 1 046 euros pour une consommation de 17 000 kWh. Dans son tableau des offres d'électricité, les augmentations entre mars et novembre s'échelonnent de 55 % pour Engie Easy Fixe à 100 % pour OCTA+ Fixed (Boost Fix), passé de 12,48 à 25,02 c€/kWh.
Pour la Flandre, le relevé mentionne une moyenne de 25,14 c€/kWh pour l'électricité en octobre, contre 13,97 c€/kWh en mars. Le surcoût indiqué est d'environ 391 euros par an pour 3 500 kWh. La moyenne présentée pour le gaz est de 11,18 c€/kWh, contre 5,02 c€/kWh en mars, avec un écart annuel estimé à 1 047 euros pour 17 000 kWh. Là encore, les prix unitaires portent sur l'énergie seule, TVA de 6 % comprise.
À Bruxelles, le choix de contrats fixes reste limité. Test Achats y observe une forte hausse mensuelle, particulièrement pour le gaz ; seules les offres fixes de TotalEnergies restent au même niveau que le mois précédent. Les moyennes atteignent 25,08 c€/kWh pour l'électricité et 11,47 c€/kWh pour le gaz, contre respectivement 14,18 et 5,47 c€/kWh en mars, pour la composante énergie avec une TVA de 6 %.
Conserver un ancien contrat fixe, examiner tout renouvellement
Les ménages ayant choisi un tarif fixe en mars ou auparavant dans l'année n'ont, selon Test Achats, pas de démarche à entreprendre pour l'instant : leur contrat les protège des prix actuellement proposés. En revanche, à l'approche de son échéance, l'organisation recommande de mettre l'offre de renouvellement en concurrence avec les autres contrats fixes, plutôt que de l'accepter automatiquement. La nouvelle proposition du fournisseur reposera sur les conditions actuelles du marché.
Environ 21 000 consommateurs belges ont quitté une formule variable pour un tarif fixe le samedi précédant l'entrée en vigueur des prix de novembre, rapporte The Brussels Times. Mais souscrire désormais un contrat fixe appelle à la prudence, estime Test Achats : cela revient à fixer le prix de l'énergie consommée pendant l'hiver à un niveau élevé.
Aux tarifs fixes actuels, l'organisation estime la dépense annuelle, tous frais compris, à environ 1 700 euros pour 3 500 kWh d'électricité et à environ 2 500 euros pour 17 000 kWh de gaz. Selon son analyse, un contrat fixe signé en novembre ne pourrait être avantageux que si les prix poursuivaient leur hausse dans les prochains mois et demeuraient élevés pendant tout l'hiver. Cette évolution reste incertaine et dépend notamment des températures et de la situation géopolitique au Moyen-Orient.
Pour les ménages qui privilégient malgré tout le fixe, les écarts entre fournisseurs restent substantiels : en Flandre et en Wallonie, ils dépassent 250 euros pour l'électricité et atteignent 555 euros pour le gaz entre les contrats les moins chers et les plus chers. Test Achats conseille aussi de suivre le marché et de refaire une comparaison en cas de baisse.
Avec un tarif variable, vérifier l'indexation et comparer
Deux tiers des ménages belges utilisent le gaz pour se chauffer, selon The Brussels Times. Pour ceux qui ont un contrat variable, la hausse sera davantage perceptible avec la reprise du chauffage : d'après Test Achats, une famille moyenne utilise en novembre environ 12 % de son volume annuel de gaz. L'augmentation de l'électricité pèsera elle aussi sur la facture. Le calendrier et l'ampleur de la répercussion dépendent de la formule d'indexation inscrite dans la grille tarifaire du contrat.
L'analyse réalisée le mois précédent par Test Achats faisait apparaître, en Flandre et en Wallonie, un écart de 300 euros entre les offres variables d'électricité les moins chères et les plus chères. Pour le gaz, la différence atteignait 465 euros. Plus largement, l'organisation estime que comparer les offres pourrait permettre à un ménage moyen de réduire sa facture totale d'environ 800 euros par an.
Encore faut-il identifier son offre : une enquête de Test Achats indique qu'un Belge sur trois ignore le nom de son contrat d'énergie et, par conséquent, le tarif qu'il paie. Des règles prévues pour 2027 imposeront aux fournisseurs d'ajouter sur chaque facture un code QR donnant accès aux détails du contrat.
Le gaz européen au-dessus de 100 euros le mégawattheure
Sur le marché de gros, Test Achats relève une augmentation d'environ 41 % du prix du gaz en un mois. Le 28 octobre 2026, le contrat à terme néerlandais TTF, référence européenne, a franchi les 100 euros le mégawattheure pour la première fois depuis décembre 2022. Il s'établissait à 100,37 €/MWh à 16 h 00, soit une progression de plus de 4 % sur la journée, selon les informations rapportées par la RTBF et Touteleurope.eu. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, fin février 2026, ce prix a plus que triplé : il se situait autour de 32 €/MWh avant le conflit.
Les réserves européennes sont aussi moins remplies qu'un an auparavant. D'après Touteleurope.eu, le taux de remplissage des stocks des États membres de l'UE était de 74,9 % au 28 octobre, contre 82,8 % fin octobre 2025, en dessous de l'objectif européen de 90 % avant l'hiver. En Allemagne, qui concentre plus de 20 % des capacités européennes de stockage, il n'atteignait que 61,7 %.
La menace persistante sur les infrastructures énergétiques du Moyen-Orient perturbe par ailleurs l'acheminement du gaz naturel liquéfié, rapporte la RTBF. Les méthaniers sont contraints de passer par le cap de Bonne-Espérance pour contourner l'Afrique, ajoutant environ 10 à 14 jours au trajet. Les livraisons au comptant destinées aux terminaux européens de regazéification ont diminué de près de 80 % sur un an.
À quantité de gaz importée identique, le conflit a alourdi la facture de l'Union européenne d'un montant estimé entre 18 et 33 milliards d'euros, selon l'Agence de l'Union européenne pour la coopération des régulateurs de l'énergie (Acer), citée par Touteleurope.eu.
Une aide au chauffage renforcée pour certaines livraisons de mazout
Pour le mazout, le Conseil des ministres belge a décidé le 23 octobre 2026 de relever temporairement l'allocation du Fonds Social Chauffage afin d'absorber les coûts au-delà de 1,475 euro le litre. La mesure concerne les livraisons effectuées du 1er décembre 2026 au 28 février 2027.
L'intervention pourra augmenter progressivement jusqu'à 50 centimes par litre, soit un maximum de 750 euros pour 1 500 litres, contre un plafond antérieur de 20 centimes par litre, ou 300 euros. Selon la RTBF, une enveloppe de 15 millions d'euros est prévue, partagée à parts égales entre le Fonds Social Chauffage et le Fonds Gaz et Électricité.





