Des gestes précis, accompagnés de paroles
Les gants enfilés, le jeune homme va chercher un défunt dans la chambre froide où plusieurs corps sont allongés. Il l'installe sur une table roulante en inox et s'adresse à lui : "Bonjour Monsieur. Je vais vous faire tout beau".
Il s'occupe d'abord du visage, avec un objectif qu'il formule ainsi : "On veut représenter une personne comme reposée, et non comme décédée." Pour garder la bouche fermée, il effectue une ligature buccale à l'aide d'une aiguille introduite sous le menton. Ce geste fait partie des soins de base que ses collègues peuvent aussi pratiquer, précise-t-il.
Une intervention généralement demandée par les pompes funèbres
Cette activité s'exerce souvent sans rencontre avec les proches. Selon le guide métier Trajektoire, mis à jour en 2026, les thanatopracteurs belges ont rarement un contact direct avec la famille, contrairement à ce qui se pratique dans d'autres pays : ce sont les entreprises de pompes funèbres qui sollicitent leur intervention.
Dans un sujet publié en novembre 2021, la RTBF estimait qu'environ la moitié des défunts en Belgique étaient pris en charge par un thanatopracteur, également appelé embaumeur. Elle dénombrait alors près de 860 entreprises de pompes funèbres dans le pays.
Agrément, formation et conditions d'exercice
L'accès à la profession est strictement réglementé en Belgique. D'après Trajektoire, un agrément du SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement est obligatoire pour exercer.
En Wallonie, le parcours proposé par l'IFAPME se déroule en alternance sur deux ans. Il prévoit 320 heures de stage pratique, à raison de 160 heures par an. Ouvert notamment aux titulaires d'un CESS, il conduit à un diplôme de chef d'entreprise homologué par la Communauté française.
La formation porte aussi sur la protection des professionnels. Trajektoire indique que l'usage du formol, classé cancérigène, est soumis à une législation belge stricte. Les formations privilégient des produits de substitution moins nocifs et enseignent des techniques de ventilation et de protection.
Le même guide situe la rémunération entre 2 400 et 4 500 euros brut par mois, selon le statut et l'expérience. Son estimation va de 2 400 à 2 800 euros pour un salarié débutant et peut atteindre 4 500 euros, voire davantage, pour un indépendant expérimenté.





