Fusillade à Laeken : une nouvelle attaque à l'arme automatique sans victime
Une fusillade à l'arme automatique a secoué le quartier de Laeken dans la nuit du 8 au 9 septembre vers 2h50. Plusieurs coups de feu ont été tirés contre la porte d'un immeuble situé rue Stéphanie, sans faire de blessé. Une arme, vraisemblablement celle utilisée lors de l'attaque, a été retrouvée sur place par les enquêteurs.
Les services de police de la zone Bruxelles-Capitale/Ixelles sont intervenus après avoir été alertés par des riverains. Sur place, les agents ont constaté de multiples impacts de balles sur la porte de l'immeuble visé. Ilse Van De Keere, porte-parole de la zone de police, a confirmé l'incident et précisé qu'une enquête a été ouverte par le parquet de Bruxelles.
Une vague de violence qui s'intensifie dans la capitale
Cette attaque survient dans un contexte de violence par armes à feu qui s'intensifie dans la capitale belge. Selon les statistiques du procureur en chef de Bruxelles Julien Moinil, la ville a enregistré 69 fusillades entre janvier et fin août 2026, après avoir connu 102 incidents similaires en 2025. Au cours des trois premiers mois de l'année, 22 fusillades avaient déjà été recensées, causant au moins dix blessés et un décès.
Le quartier de Laeken, situé dans le nord-ouest de Bruxelles, est un secteur résidentiel qui abrite notamment le Palais royal de Laeken, résidence officielle de la famille royale belge. Cette nouvelle fusillade démontre que la violence armée ne se limite plus à certains quartiers spécifiques, mais s'étend à différentes zones de la capitale, y compris des secteurs résidentiels traditionnellement calmes.
Des fusillades liées au trafic de drogue
Les autorités judiciaires ont établi que la majorité des fusillades à Bruxelles en 2026 sont liées à des guerres territoriales entre gangs rivaux de trafiquants de drogue. Cette violence s'inscrit dans un contexte plus large où le trafic de stupéfiants est considéré par les services de renseignement belges comme la principale menace du crime organisé dans le pays. Le port d'Anvers constitue l'un des principaux points d'entrée de la cocaïne en Europe, et les réseaux criminels organisent la distribution de cette drogue vers la capitale depuis ce hub maritime.
Face à l'ampleur du phénomène, le ministre de l'Intérieur bruxellois Bernard Quintin a qualifié fin août la situation d'«urgence nationale». Le procureur Moinil a également lancé un avertissement inquiétant, déclarant que «n'importe qui pourrait se faire tirer dessus» et soulignant que la violence ne se limite plus aux cercles criminels. Il a notamment évoqué le cas d'un père de famille sans antécédents criminels qui a été laissé paralysé après avoir été atteint par balle.
Déploiement inédit de forces militaires
En réponse à cette crise sécuritaire sans précédent, la Belgique a franchi un cap symbolique fin août en déployant pour la première fois des forces militaires pour soutenir les opérations policières contre le trafic de drogue à Bruxelles. Plus de 550 agents de sécurité, dont 70 militaires, ont été mobilisés dans le cadre de ces opérations d'envergure.
L'utilisation d'une kalachnikov lors de cette attaque à Laeken souligne également la gravité de la situation. En Belgique, la législation sur les armes à feu adoptée en 2006 classe les armes automatiques de type militaire comme des armes prohibées, dont la possession, la vente ou le transport sont strictement interdits. La présence de telles armes dans les rues de la capitale témoigne de la sophistication des moyens dont disposent les réseaux criminels.
Les fusillades récentes ont touché plusieurs quartiers de Bruxelles, notamment Anderlecht, Saint-Gilles, Schaerbeek, Molenbeek-Saint-Jean et Saint-Josse-ten-Noode, illustrant la diffusion géographique du phénomène à travers toute la région de Bruxelles-Capitale.
L'enquête sur l'incident de la rue Stéphanie se poursuit afin d'identifier les auteurs et de déterminer les circonstances exactes de cette attaque.




