Les deux parents comparaîtront libres
Selon ICI et l'INA, le procès prévu à Blois du 2 au 18 novembre 2026 doit réunir les parents d'Inass et une dizaine de parties civiles, dont les six autres enfants du couple et la commune de Suèvres.
La mère, Halima El Bakhti, 72 ans, doit répondre de "torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Le père, Ahmed Touloub, 74 ans, sera jugé pour complicité. Tous deux encourent la réclusion à perpétuité.
Leurs détentions provisoires ont pris fin en 2019 et en 2020. Placés sous contrôle judiciaire, ils comparaîtront libres, avec pour avocats Mes Antoine Vey et Frank Berton.
Une enfant sans identité pendant 31 ans
L'affaire commence le 11 août 1987 à Suèvres, dans le Loir-et-Cher : des salariés de Cofiroute trouvent au bord de l'A10 le corps d'une enfant, enveloppé dans une couverture bleue tachée de sang. L'autopsie fait état de multiples fractures, de brûlures au fer à repasser et d'une vingtaine de morsures.
La fillette est inhumée un mois plus tard au cimetière de Suèvres. Une soixantaine d'habitants assistent aux obsèques de celle qui reste alors connue comme la petite martyre de l'A10. L'enquête ne permet pas de l'identifier et, en l'absence d'éléments nouveaux, la justice rend deux ordonnances de non-lieu, en 1991 puis en 1997.
Une correspondance génétique décisive en 2018
C'est l'interpellation d'un frère d'Inass dans une affaire de violences, en 2016, qui relance les investigations. Son profil ADN est enregistré au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). En 2018, une correspondance est établie avec des traces prélevées sur la couverture et les vêtements de l'enfant.
Ce rapprochement permet de retrouver sa famille et de donner un nom à la fillette : Inass Touloub. Ses parents sont arrêtés le 12 juin 2018.
Lors de sa garde à vue, Ahmed Touloub reconnaît avoir déposé le corps de sa fille alors qu'il partait en vacances au Maroc. Il affirme toutefois ne pas avoir été présent lors des faits. Halima El Bakhti a, de son côté, toujours contesté être responsable de la mort de l'enfant. Chacun en rejette la responsabilité sur l'autre.
À Suèvres, une sépulture porte désormais son nom
Après l'identification d'Inass, sa tombe a été refaite en 2019. Son nom y figure désormais, avec les dates "3 juillet 1983 – 11 août 1987". Selon Sweet FM, des habitants viennent encore y déposer des fleurs.






