L'identification pourrait prendre plusieurs semaines
"Les éléments découverts sur la zone de l'accident permettent de confirmer deux décès", a déclaré le parquet de Metz, cité par BFM TV. L'armée n'a pas communiqué l'identité des deux membres d'équipage.
Avant cette confirmation, le procureur de Metz, David Touvet, avait expliqué à l'AFP que la violence du choc ne laissait aucun élément permettant de juger probable la découverte d'un survivant. Il avait également annoncé la nécessité d'analyses ADN pour identifier les victimes, une procédure susceptible de durer plusieurs semaines.
Le Mirage 2000D rentrait d'un vol d'entraînement. Il était rattaché à l'escadron de chasse 2/3 "Champagne", sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey. Selon le colonel David Pappalardo, porte-parole de l'armée de l'Air et de l'Espace, le pilote comptait 450 heures de vol et préparait la qualification de "pilote de combat opérationnel".
Des recherches à pied dans le bois de Grené
L'accident s'est produit mardi 20 octobre 2026 vers 22 h 40, d'après L'Est Républicain. L'avion s'est écrasé dans le bois de Grené, à cheval sur Domèvre-en-Haye et Tremblecourt, près de Rogéville, entre Toul et Pont-à-Mousson. Des débris ont été retrouvés dans la nuit de mardi à mercredi.
La nuit, la pluie et le brouillard ont compliqué les recherches et empêché un hélicoptère de survoler le secteur. Les équipes ont donc commencé à progresser à pied, soutenues par des drones.
Selon le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, et le colonel Ludovic Humbert, environ 160 personnes ont participé aux recherches. Le site est placé sous protection et surveillance militaires pendant les investigations : seules les personnes qui y prennent part sont autorisées à y accéder.
Deux enquêtes pour établir les circonstances du crash
Une enquête de sécurité et une enquête judiciaire doivent déterminer les circonstances de l'accident. Le parquet de Metz a ouvert cette dernière du chef de "destruction ou mise hors service d'un aéronef militaire par négligence".
À ce stade, le parquet indique ne pas disposer d'éléments établissant qu'un membre de l'équipage se soit éjecté ou ait tenté de le faire. Les moteurs des deux sièges éjectables ont été retrouvés au sol. De son côté, le colonel David Pappalardo a déclaré qu'aucun signal de détresse n'avait été émis et qu'il n'y avait pas eu de tentative d'éjection.
Le Mirage 2000D et les précédents accidents
Destiné à l'attaque au sol, le Mirage 2000D emporte deux membres d'équipage et sert depuis 1993. Il a participé à la plupart des conflits dans lesquels la France a été engagée depuis son entrée en service, notamment au Kosovo en 1999, en Libye en 2011, ainsi qu'en Afghanistan, en Irak, en Syrie et au Sahel.
Plusieurs accidents ont marqué son histoire. En janvier 2019, un pilote et un navigateur ont perdu la vie dans le Jura pendant un vol nocturne à basse altitude. En juillet 2021, lors d'un autre crash dans la région de Nancy, les deux membres d'équipage avaient pu s'éjecter.
Nancy-Ochey avait aussi perdu sept de ses militaires le 26 janvier 2015 à Albacete, en Espagne. Ce jour-là, un F-16 de l'armée de l'air grecque participant à un exercice de l'Otan s'était écrasé au décollage de la base de Los Llanos. L'accident avait fait 11 morts, dont neuf militaires français.
Pour prolonger son utilisation jusqu'aux années 2030, le Mirage 2000D a fait l'objet d'une rénovation dite "à mi-vie". Le cinquantième et dernier appareil rénové a été livré à l'armée de l'Air et de l'Espace en juin 2026.






