À Saint-Memmie, Jérémie Haquelle nettoie des tombes en complément de son métier de livreur

Chauffeur-livreur à titre principal, Jérémie Haquelle s'est lancé il y a un an dans le nettoyage de tombes à Saint-Memmie, rapporte L'Union. Cette prestation trouve notamment sa clientèle auprès de personnes qui ne peuvent pas se rendre au cimetière.

Thomas Peeters

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Entretenir une sépulture quand on ne peut pas venir

À Moivre, Audrey Raffort proposait déjà ce service lorsque L'Union l'avait rencontrée en 2024. Parmi ses clientes figurait Yvette, qui résidait en région parisienne. Elle saluait une prestataire "à l'écoute", à laquelle elle disait faire confiance.

L'éloignement concerne aussi une partie de la clientèle de Mémoire en fleurs, dans le bassin minier de Saône-et-Loire. Son fondateur, Franck Dubonnet, reconverti depuis deux ans dans l'entretien des sépultures, a indiqué au Journal de Saône-et-Loire du 30 octobre 2026 avoir réuni une soixantaine de clients en deux ans. Certains habitent loin des tombes de leurs proches.

Les visites au cimetière sont par ailleurs moins fréquentes. D'après les chiffres du Crédoc rapportés par La Vie Économique le 5 octobre 2026, 29 % des Français de plus de 40 ans n'y vont jamais ou s'y rendent moins d'une fois par an. Cette proportion a augmenté de 4 points depuis 2019. Pour la Toussaint, 57 % se rendent au cimetière pour se recueillir, contre 69 % en 2009.

De nouvelles micro-entreprises et un cadre d'activité

Le parcours de Jérémie Haquelle s'inscrit dans un mouvement également observé par Le Républicain Lorrain. Dans son édition du 22 octobre 2026, le journal relève la multiplication des micro-entreprises de nettoyage de tombes, dont plusieurs n'existent que depuis un ou deux ans.

Les deux frères qui ont créé Eternalis ont ainsi démarré en juin 2025. Ils expliquent que "l'avènement de l'IA permet de construire un site internet, et de profiter d'un bon référencement facilement".

Pour le nettoyage et l'entretien courant des tombes, le guide du Portail Auto-Entrepreneur publié le 30 octobre 2026 précise qu'il est possible d'exercer en auto-entreprise sans diplôme ni habilitation funéraire particulière. Le plafond de chiffre d'affaires applicable en 2026 est de 83 600 €. L'activité relève du code APE 96.03Z, intitulé "Services funéraires", qui sera remplacé par le code 96.30Y le 1er janvier 2027.

Des prix et des prestations différents

Les tarifs cités par Le Républicain Lorrain le 22 octobre 2026 montrent des écarts importants entre prestataires. Marine Hermann demande 50 € pour un nettoyage et 70 € lorsque des fleurs sont ajoutées.

Chez En sa mémoire, le prix de 179 € couvre le déplacement de l'intervenant, le nettoyage, le fleurissement et un bilan photographique. Eternalis annonce de son côté un tarif de 180 € sur son site.

Une reprise pour abandon soumise à plusieurs conditions

Le défaut d'entretien d'une concession funéraire peut conduire à une procédure de reprise pour état d'abandon, mais celle-ci est encadrée. Le Portail Auto-Entrepreneur rappelle, dans son guide du 30 octobre 2026, que la concession doit notamment avoir plus de trente ans et ne plus être entretenue. Le maire doit également en constater l'état d'abandon.

Les articles L. 2223-17 et R. 2223-12 et suivants du Code général des collectivités territoriales prévoient aussi un délai de protection : aucune reprise ne peut intervenir pendant les dix années qui suivent la dernière inhumation.

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