À Evere, un parc paysager de 38 hectares
Le plus grand cimetière de Bruxelles a été pensé comme un parc. Selon la Ville de Bruxelles, l'architecte Louis Fuchs avait réservé moins de la moitié de son projet aux inhumations. Sur ses 38 hectares, arbres remarquables et faune sauvage côtoient aujourd'hui les sépultures et les monuments.
Inauguré par le bourgmestre Jules Anspach le 15 août 1877, le cimetière a accueilli 900 sépultures de notables transférées d'anciens cimetières désaffectés, précise la Ville. Parmi elles figurent celles du peintre Jacques-Louis David, de François Van Campenhout, compositeur de la Brabançonne, et d'Adolphe Quetelet.
La promenade permet également de découvrir les tombes de Charles de Brouckère, ancien bourgmestre, et de Jean Volders, ancien journaliste et cofondateur du Parti socialiste. Les œuvres funéraires font notamment place à l'Art nouveau et à l'Art déco. Le champ militaire et le mémorial consacré aux victimes de l'incendie de l'Innovation inscrivent aussi dans le paysage la mémoire d'événements historiques.
Adresse : avenue du Cimetière de Bruxelles, 1140 Bruxelles.
Laeken, des sculptures aux galeries souterraines
Remontant au XIIIe siècle, le cimetière de Laeken est le plus ancien de la capitale encore en activité. Ce site surnommé le "Père Lachaise de Bruxelles" jouxte les anciens ateliers d'art funéraire Ernest Salu. Des membres de la famille royale y reposent, ainsi que le bourgmestre Émile Bockstael, les architectes Joseph Poelaert et Alphonse Balat, la chanteuse La Malibran, l'artiste Fernand Khnopff et Marie Popelin, pionnière des droits des femmes.
Parmi ses sculptures, la réplique du Penseur de Rodin possède une histoire particulière. La Ville de Bruxelles raconte que le marchand d'art et d'antiquités Jef Dillen l'avait achetée avec le souhait d'être enterré sous elle. Lorsqu'il est mort en 1971, sa veuve a légué l'œuvre à la Ville, avec une somme affectée à l'entretien de la concession.
Une autre partie du patrimoine se trouve sous terre. À l'initiative d'Émile Bockstael, alors échevin des Travaux publics, la construction de galeries funéraires inédites en Belgique a commencé en 1876. D'après la Ville de Bruxelles, une première galerie de 31 mètres a été mise en service en 1878. L'ensemble, classé en 1997, occupe plus d'un hectare et demi : ses 300 mètres de couloirs abritent plus de 4 000 défunts.
L'église Notre-Dame de Laeken se dresse à proximité. La plus grande église néogothique de Belgique a été édifiée en mémoire de Louise-Marie d'Orléans, première reine des Belges et seconde épouse de Léopold Ier, morte en 1850.
Adresse : parvis Notre-Dame, 1020 Bruxelles.
Au Dieweg, les monuments parmi la végétation
À Uccle, les ronces et les branches entourent désormais les sépultures du Dieweg, créé pendant l'épidémie de choléra de 1866 et désaffecté depuis 1958. Des mausolées néogothiques se découvrent au milieu de cette végétation, tout comme la tombe de l'architecte Paul Hankar. Selon InsideBrussels, le cimetière comptait plus de 38 000 défunts en 1958, au terme des inhumations d'Ucclois qui s'y étaient poursuivies jusque-là.
Hergé y a toutefois été enterré en 1983. InsideBrussels précise que le dessinateur, Georges Remi de son vrai nom, habitait le Dieweg et qu'une dérogation exceptionnelle lui a été accordée à la demande de son épouse.
Le même média décrit le Dieweg comme le plus vaste champ de repos juif du XIXe siècle à Bruxelles. Une première inhumation juive y a eu lieu en 1877, après la fermeture du cimetière israélite de Saint-Gilles, arrivé à saturation. Sans clôture les séparant des autres sépultures, les tombes portant des inscriptions hébraïques occupent environ un tiers du site.
Classé depuis 1997, le cimetière a fait l'objet d'un chantier communal d'environ 1,3 million d'euros consacré à la réfection de ses trois allées principales, inauguré en mai 2026, rapporte InsideBrussels. Des visites guidées sont régulièrement proposées, notamment par l'ASBL Arkadia.
Adresse : Dieweg 95, 1180 Uccle.
À Bruges, deux siècles d'histoire sous les hêtres
À Assebroek, juste en dehors des murs de Bruges, le cimetière central est considéré comme le plus ancien de Belgique. Aménagé en 1787, il a accueilli son premier enterrement cette même année. Selon Visit Bruges, tous les habitants de la ville y sont enterrés depuis 1810.
Le site couvre aujourd'hui 12 hectares. Parmi les personnalités brugeoises des milieux artistiques, politiques et de la noblesse qui y reposent se trouvent l'architecte Louis Delacenserie et le poète Guido Gezelle. Visit Bruges signale également des hêtres âgés de plus de 200 ans.
À l'entrée, un bâtiment remarquable accueille une petite exposition consacrée aux liens du cimetière avec le patrimoine, le folklore, l'art et l'architecture.
Adresse : Kleine Kerkhofstraat 62, 8000 Bruges (Assebroek).
À Mortehan, un cimetière bordé par la Semois
Le qualificatif de cimetière "marin" ne renvoie ici ni à la mer ni à des sépultures de marins. À Mortehan, il désigne un lieu naturellement délimité par l'eau de la Semois. Cet ancien cimetière, au cœur du parc de la Semois, constitue l'un des rares exemples belges de ce type.
Désaffecté depuis 1899, il conserve des pierres gravées en vieux français et des croix de schiste des XVIIe et XVIIIe siècles. Selon L'Avenir, il rassemble une soixantaine de pierres tombales, essentiellement des dalles de schiste, et son classement comme monument historique date du 20 novembre 1972.
L'Avenir précise aussi que le cimetière recouvre en partie une ancienne aire d'ensevelissement associée à une église aujourd'hui disparue. Une partie des vestiges de celle-ci se trouve dans le lit actuel de la rivière.
Adresse : Mortehan, 6880 Bertrix.






