De nouvelles fausses alertes à la bombe perturbent les vols en Europe

Vendredi 6 novembre 2026, une dizaine de vols ont subi des perturbations liées à des menaces à la bombe, sans qu'aucun explosif soit découvert. Prague a concentré les alertes de la journée, pour des raisons encore inconnues, après une vingtaine de vols visés les jours précédents.

Antoine Verstraeten

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Des vols escortés ou déroutés

D'après Le Soir, les menaces signalées par l'aéroport de Prague concernaient aussi bien des arrivées du Danemark, d'Espagne et de Grande-Bretagne que des départs vers les Pays-Bas, Chypre, la Roumanie, l'Italie et la Grande-Bretagne. Les contrôles effectués après chaque atterrissage n'ont révélé la présence d'aucun engin explosif.

Les interventions ont parfois mobilisé l'aviation militaire. Le ministre hongrois de la Défense, Romulusz Ruszin-Szendi, a annoncé que des chasseurs avaient escorté trois avions de ligne dans l'espace aérien hongrois vendredi, en l'espace d'une heure. Chacun avait reçu une alerte à la bombe : l'un reliait Bruxelles à Sofia, les deux autres Prague à Chypre et Prague à la Roumanie.

Le même jour, un appareil de Wizz Air assurant la liaison Prague-Rome a dû se poser à Venise à la suite d'une alerte. Les passagers ont été évacués une fois l'avion au sol.

Même lorsqu'elles se révèlent fausses, ces menaces restent traitées avec sérieux par les autorités nationales, qui interviennent au cas par cas. Les vérifications nécessaires contribuent aux perturbations. Selon l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA), chaque fausse menace présente individuellement un risque faible, mais l'accumulation des déroutements accroît la pression sur le système.

Des bilans distincts selon les sources

Eurocontrol, l'organisme européen de la navigation aérienne, a recensé 14 vols menacés jeudi 5 novembre, soit 0,05 % des quelque 26 300 vols du réseau européen ce jour-là. Il en avait compté sept mardi 3 novembre. Pour vendredi, le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, a fait état de 11 vols supplémentaires visés.

Un décompte de Reuters rapporte, de son côté, au moins 35 vols concernés par de fausses alertes depuis le lundi 2 novembre, dont 27 pour la seule journée du jeudi. L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), agence de l'ONU, indique qu'au moins 16 pays ont été touchés depuis lundi, comme point de départ, destination ou lieu d'atterrissage imprévu.

Des menaces par courriel, jusque dans les médias

Les alertes connues ont été transmises par courriel, notamment aux aéroports de Rome, Prague et Madrid. Selon El País, un seul de ces messages était signé : celui adressé à l'aéroport de Rome, qui portait le nom d'un mouvement russe ultranationaliste et misogyne. L'Associated Press a consulté un courriel reçu jeudi par les autorités aéroportuaires romaines, dont l'expéditeur prétendait représenter un groupe antiféministe et disait viser un régime qu'il qualifiait de féministe.

Les aéroports ne sont pas les seules cibles. À Dublin, une alerte à la bombe a entraîné vendredi l'évacuation du siège de la radio-télévision publique irlandaise RTE ; des programmes préenregistrés ont remplacé les émissions en direct. La chaîne britannique Sky a signalé une menace pour sa sécurité, tandis que la chaîne privée bulgare NOVA TV a déclaré avoir reçu un courriel menaçant.

Des réunions de sécurité prévues à Bruxelles et Dublin

Les fausses alertes exposent leurs auteurs à des sanctions pénales. Selon El País, l'article 561 du Code pénal espagnol prévoit une peine allant de trois mois et un jour à un an de prison, ou une amende pouvant atteindre 216 000 euros. La peine peut aller jusqu'à deux ans de prison en France et sept ans au Royaume-Uni.

Après avoir rencontré Eurocontrol et l'EASA à Bruxelles, Apostolos Tzitzikostas a annoncé une réunion d'experts en sécurité dans la capitale belge la semaine suivante. Ils doivent examiner les mesures à prendre face à cette série de menaces.

En Irlande, le Premier ministre Micheál Martin a estimé que les menaces contre RTE et d'autres cibles montraient combien des activités non conventionnelles destinées à semer la peur pouvaient facilement perturber le fonctionnement de la société. Il a annoncé un important dispositif de sécurité pour la semaine suivante à Dublin, où sont prévues des réunions de la Communauté politique européenne et des dirigeants de l'Union européenne.

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