Une agression aux abords du lycée
Le parquet de Bobigny et la police ont confirmé l'agression, révélée par BFMTV. La victime, âgée de 16 ans, a été prise en charge par les pompiers devant le lycée Denis-Papin, à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), puis conduite à l'hôpital. Selon le parquet, "son pronostic vital n'est pas engagé".
La préfecture de police de Paris décrit une altercation pendant le blocage partiel de l'établissement : "un élève majeur s'est opposé à des manifestants qui brûlaient des poubelles à l'occasion d'un blocus partiel". Elle précise : "Il a asséné un coup de couteau au niveau du thorax d'un autre élève, mineur. Il a été immédiatement interpellé".
D'après une source policière citée par Le Figaro, les faits ont eu lieu vers 8 h 30, à une cinquantaine de mètres des grilles. Des policiers d'une brigade territoriale de contact, déployés autour du lycée bloqué, les ont repérés. Le suspect réside à Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne.
Le jeune homme de 20 ans est en garde à vue au commissariat de La Courneuve pour port d'arme de catégorie D et violences avec arme, rapporte RTL en citant le parquet de Bobigny. Un examen psychiatrique doit être pratiqué pendant cette mesure. L'enquête a été confiée au service d'accueil et d'investigation de proximité (SAIP) ; selon la source policière du Figaro, la victime aurait porté plainte.
Un appel au calme d'Aly Diouara
Après l'agression, Aly Diouara, député LFI et maire de La Courneuve, a appelé "les lycéens mobilisés au calme et à la plus grande vigilance". Interrogé par téléphone par l'AFP, il a déclaré : "Vous avez quand même un lycéen qui a porté un coup de couteau sur un autre lycéen dans une période où les tensions sont là, sont criantes, et c'est dans le cadre, très clairement, de la mobilisation".
Denis-Papin est un lycée professionnel de l'académie de Créteil qui compte environ 480 élèves, selon 20 Minutes. Ses formations sont principalement industrielles et techniques, du CAP au baccalauréat professionnel. L'établissement propose également un brevet des métiers d'art (BMA) en ferronnerie d'art.
Des blocages dans le cadre de la grève nationale
Les organisations de jeunesse, toujours insatisfaites des annonces gouvernementales, avaient relancé les blocages d'universités et de lycées au début de la semaine, après les deux semaines de vacances scolaires. Lycéens et étudiants sont mobilisés depuis la mi-septembre. Ce jeudi, ils participaient, avec les salariés du public et du privé ainsi que les retraités, à une journée de grève à l'appel des syndicats. Plus de 250 rassemblements étaient organisés en France.
Les bilans des blocages scolaires diffèrent selon les sources. Le ministère de l'éducation nationale comptait 81 lycées bloqués le matin du 5 novembre, soit 2,2 % des lycées du territoire, et indiquait que 84 % des départements ne comptaient aucun établissement concerné. L'Union syndicale lycéenne (USL) annonçait pour sa part 1 000 lycées "à l'arrêt", une catégorie regroupant les établissements bloqués et ceux fermés administrativement.
Pour les enseignants, le ministère faisait état d'un taux de grévistes de 15,81 %, avec 19,14 % dans le premier degré et 13,53 % dans le second degré. Le Snes-FSU affirmait, de son côté, avoir recensé 52 % de personnels en grève dans les collèges et lycées.
Les bilans de la mobilisation et la conférence sociale annoncée
À l'échelle nationale, quelque 70 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés. Selon le ministre de l'intérieur Laurent Nuñez, ce dispositif était "exactement le même" que celui du 31 octobre.
En fin de journée, la CGT a revendiqué "près de 1,6 million de manifestants partout en France, dont 350 000 à Paris". Le décompte du ministère de l'intérieur s'établissait à près de 600 000 personnes à 17 heures. Malgré l'écart entre ces bilans, chacun fait de ce 5 novembre la journée de mobilisation la plus suivie de l'automne 2026.
Le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une conférence sociale à Matignon le lundi 9 novembre 2026. Il doit y réunir les organisations représentatives des salariés et des employeurs pour répondre aux questions de pouvoir d'achat et de salaires.






