Un parcours en centre-ville, puis une dispersion sans difficulté
Selon le récit de L'Union, les manifestants ont quitté la Maison des syndicats vers 10 h 15, accompagnés d'importantes forces de l'ordre. Le défilé a emprunté l'itinéraire autorisé dans le calme jusqu'à 13 heures. Place d'Erlon, il a longé les terrasses devant le public et les commerçants, dont la plupart regardaient passer le cortège depuis le seuil de leur établissement.
De retour à la Maison des syndicats, des jeunes ont entonné "J'ai deux passions, la manif et la révolution… Vive les blocages, les sabotages…", une chanson diffusée sur les réseaux sociaux à travers la France. La Marseillaise a précédé L'Internationale, puis les participants ont scandé "On est jeunes, et fiers et révolutionnaires". Manifestants et policiers ont ensuite quitté les lieux rapidement, sans difficulté.
Des demandes de salaires et de moyens supplémentaires
Dans les rangs figurait notamment Lana, éducatrice spécialisée qui manifeste tous les samedis. Deux enseignants, Tatiana et Franck, qualifient les mesures annoncées d'"insuffisantes" et demandent "des moyens supplémentaires". Ils dénoncent aussi la répression policière en évoquant ce qu'a vécu leur fils : "Notre fils a manifesté au début du mouvement lycéen. Il s'est fait charger et a pris des gaz lacrymo. C'était disproportionné."
Thomas Rose, secrétaire de l'union locale CGT de Reims, souhaite que cette mobilisation porte aussi les revendications des lycéens et de leurs parents. Auprès de France 3 Grand Est, il a défendu des augmentations générales de plusieurs centaines d'euros et évoqué "un Smic à 2 200 euros", qu'il présente comme le minimum nécessaire pour vivre dignement.
À l'échelle nationale, les syndicats réclamaient également le dégel du point d'indice des fonctionnaires. Pour le Smic, la CGT demandait une hausse de 10 %, tandis que la CFDT revendiquait 100 euros nets supplémentaires.
Les principales organisations syndicales à la tête du mouvement
Le rassemblement rémois s'inscrivait dans une journée nationale de grèves et de manifestations appelée par la CFDT, la CGT, FO, l'Unsa et la FSU, auxquelles se sont jointes la CFTC, Solidaires et la CFE-CGC. Plus de 250 rassemblements étaient prévus en France pour cette première mobilisation interprofessionnelle de la rentrée associant salariés du privé et agents du public.
Cette journée venait après les mobilisations contre la vie chère des samedis 17, 24 et 31 octobre, portées notamment par la coordination des Gilets jaunes. Pour la première fois, toutes les principales organisations syndicales prenaient la tête du mouvement, y compris la CFE-CGC, syndicat de l'encadrement jusque-là plus réservé.
D'après RFI, les autorités anticipaient entre 500 000 et 700 000 manifestants hors Paris, auxquels devaient s'ajouter 40 000 à 80 000 personnes dans la capitale. Ces prévisions dépassaient les 550 000 participants recensés par le ministère de l'Intérieur le 17 octobre ; elles ne constituaient pas un bilan de la journée.
Avant les défilés, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait assuré que l'exécutif était "extrêmement vigilant". Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait demandé aux préfets des "dispositifs robustes" pour cette journée jugée "sensible", en référence aux violences et aux pillages survenus en marge des manifestations du 17 octobre.
Cinq défilés autorisés dans la Marne, des services réduits à Reims
La préfecture avait autorisé cinq défilés pour les salaires et contre la vie chère dans la Marne : à Reims, Châlons-en-Champagne, Épernay, Vitry-le-François et Tinqueux.
Dans les écoles publiques du premier degré, le ministère de l'Éducation nationale prévoyait environ 17,5 % de grévistes. Des fermetures de classes et des perturbations de la restauration scolaire étaient possibles.
Grand Reims Mobilités avait annoncé une offre réduite pour le 5 novembre, sur une plage de circulation allant approximativement de 6 h à 20 h. Les fréquences annoncées étaient d'environ 8 minutes pour les tramways T1 et T2, de 20 minutes pour les lignes U1, U2, O1 et O2, et de 30 à 40 minutes pour les lignes U3 à U8. Aucun service n'était prévu sur la ligne Citybus C.
La manifestation avait aussi conduit la ville et les Vitrines de Reims à reporter de quatre jours le montage du marché de Noël afin d'éviter tout incident. Les 156 chalets étaient donc restés dans les entrepôts le lundi 2 novembre, alors que leur sortie était initialement prévue ce jour-là.






