La véloroute Pernant-Montigny-Lengrain inaugurée après l'achèvement de la traversée de la RN31

Le tronçon entre Pernant et Montigny-Lengrain a été inauguré le 6 novembre 2026, deux mois après les derniers aménagements de sécurité sur la RN31. Ce projet de près de 2,7 millions d'euros a aussi donné lieu à un hommage à Jean-Pascal Berson, l'un de ses principaux initiateurs.

Karim Bensaïd

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La traversée de la RN31, dernière étape du chantier

L'essentiel de la véloroute avait été aménagé en 2023 et 2024. Il restait à sécuriser le franchissement de la RN31, achevé en septembre 2026 pour un coût de 900 000 euros. Lors de l'inauguration, la sous-préfète de Soissons, Carine Roussel, a rappelé que l'État avait contribué à hauteur de près de 1,4 million d'euros à l'ensemble du projet, soit un peu plus de la moitié de l'investissement.

Le passage devait initialement se faire par un tunnel. Alexandre de Montesquiou, président de la communauté de communes Retz-en-Valois, a expliqué que cette option avait été abandonnée pour des raisons techniques, notamment la présence d'eau dans le sous-sol, et financières. Ces difficultés ont prolongé le calendrier de l'aménagement.

Dans son édition du 13 juin 2026, L'Union détaillait la solution retenue à Pernant : déplacer la traversée d'environ 200 mètres pour améliorer la visibilité des cyclistes, prévoir une clôture, des barrières et des panneaux, ainsi qu'un marquage rouge sur la chaussée. Le chantier devait commencer le 15 juin et durer environ dix semaines, avec une fin alors annoncée pour le 21 août.

Des passages comptabilisés avant l'inauguration

La fréquentation était déjà mesurée avant l'achèvement du chantier. Du 15 janvier au 28 septembre 2026, le compteur du fonds d'Arlaines, à Fontenoy, a relevé plus de 28 400 passages, soit environ une centaine par jour. Celui de la Vache Noire, à Ressons-le-Long, en a enregistré plus de 27 100. Les vélos représentent près des deux tiers des passages.

Pour Alexandre de Montesquiou, l'itinéraire se prête aussi bien à la promenade et au sport qu'aux déplacements quotidiens. Il indique une durée d'environ 40 à 50 minutes à vélo pour parcourir tout le tronçon, contre 2 h 30 à 3 heures à pied.

Le président du conseil départemental, Pierre-Jean Verzelen, souligne pour sa part le succès de fréquentation des voies vertes. Selon lui, elles favorisent la mobilité et peuvent aussi susciter des activités économiques, comme la location de vélos ou l'ouverture de cafés.

Un tronçon de la Voie Verte de la Vallée de l'Aisne

La liaison inaugurée appartient à la "Voie Verte de la Vallée de l'Aisne". Selon ma-voie-verte.fr, cet itinéraire de 25 km utilise l'ancienne emprise ferroviaire Compiègne-Soissons et relie Cuise-la-Motte, près de Compiègne, à Soissons. Il traverse notamment Courtieux, Pernant, Ambleny, Fontenoy, Berny-Rivière, Ressons-le-Long et Montigny-Lengrain.

La communauté de communes Retz-en-Valois prévoit de raccorder son aménagement à la voie verte déjà réalisée à Courtieux, dans l'Oise, par la Communauté de communes des Lisières de l'Oise. À plus long terme, la connexion envisagée doit relier Soissons au secteur de Beauvais par Retz-en-Valois, Rethondes et Compiègne, selon l'intercommunalité et ma-voie-verte.fr.

Un héritage ferroviaire et un hommage à Jean-Pascal Berson

La reconversion de cette emprise conserve aussi une dimension historique. D'après la Ville de Soissons, la ligne Rochy-Condé porte le nom de sa gare de départ, près de Beauvais. Ouverte jusqu'à Compiègne en 1870, elle a été prolongée vers Soissons en 1881.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette ancienne ligne de voyageurs a servi au passage de convois de déportés depuis Royallieu, à Compiègne, vers les camps de concentration et d'extermination en Allemagne, en Autriche et en Pologne. La Ville de Soissons indique qu'un "chemin de mémoire" a été créé le long de la voie verte pour rappeler les convois qui l'ont empruntée entre 1942 et 1944. Le poète et journaliste Robert Desnos, passé sur cette ligne le 27 avril 1944 avant sa déportation, est le premier nom qui jalonne ce parcours.

Faire découvrir le territoire tout en préservant son histoire était précisément l'ambition de Jean-Pascal Berson, a témoigné sa veuve, Marie-Claire Berson. Maire de Dommiers de 1985 à 2026 et premier vice-président de Retz-en-Valois depuis 2017, l'élu décédé le 6 juin 2026 avait largement lancé le projet une dizaine d'années auparavant, en soutenant l'acquisition des terrains ferroviaires pour y créer une piste cyclable.

Émue, Marie-Claire Berson a raconté son attention aux aménagements rencontrés : "On ne pouvait pas passer à côté d'une piste cyclable, sans qu'il s'arrête pour la mesurer ou tester le revêtement…" Lors de l'inauguration, une plaque en hommage à son engagement a été dévoilée sous un lilas des Indes, au fond d'Arlaines, à Fontenoy.

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