Manifestation interdite à Reims : le recours de Baptiste Touchon rejeté

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a refusé, samedi 7 novembre 2026, de lever l'interdiction visant la manifestation organisée par Baptiste Touchon dans le centre de Reims. Seule mobilisation déclarée dans la ville ce jour-là, elle devait se tenir dans l'après-midi. Le juge a retenu…

Antoine Verstraeten

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Le juge retient le risque de nouvelles violences

Selon L'Union, la décision est intervenue alors qu'un cortège commençait à parcourir les rues rémoises. Le tribunal a écarté la requête de Baptiste Touchon sans tenir d'audience, une possibilité prévue par la procédure lorsqu'un recours est jugé manifestement mal fondé.

Pour justifier l'interdiction, le juge des référés s'appuie sur les violences et les dégradations des samedis 17, 24 et 31 octobre dans le centre-ville. Son ordonnance mentionne aussi le refus, par les organisateurs, d'un autre lieu de rassemblement proposé par la préfecture.

L'arrêté du préfet de la Marne invoquait les heurts ayant accompagné ce mouvement social depuis le 30 septembre 2026. Selon L'Hebdo du vendredi, il faisait notamment état de 41 membres des forces de l'ordre blessés et de 196 personnes interpellées.

Un parcours déclaré, puis une solution de repli refusée

Baptiste Touchon, qui réside dans les Ardennes, avait déposé sa déclaration le mardi 3 novembre, au moins trois jours avant la mobilisation. Sous le mot d'ordre "Un avenir pour notre jeunesse / Stop à la vie chère", les organisateurs attendaient un millier de personnes de 14 heures à 17 heures. Le parcours devait relier le boulevard de la Paix, la place Royale, l'Hôtel de ville et la Porte Mars.

La préfecture n'a pas accepté cet itinéraire. Elle a proposé à la place un rassemblement statique place Alfred-Brouette, au croisement de l'avenue Jean-Jaurès et du boulevard Jamin. Les organisateurs ont décliné cette proposition le vendredi 6 novembre au matin. L'interdiction préfectorale leur a été signifiée ce même vendredi, à la veille de la manifestation.

Baptiste Touchon critique les délais dans lesquels il a dû saisir le tribunal et faire examiner son recours. "Je ne peux être d'accord avec cette décision", écrit-il. Il estime ne pas avoir disposé du temps nécessaire pour préparer son référé sans avocat ni pour que le tribunal statue. Il regrette également de n'avoir pu échanger avec un juge, à la différence d'un précédent référé-liberté qu'il avait engagé en 2019 contre la préfecture de la Marne.

Il rapporte que des gendarmes se sont présentés à son domicile ardennais pour lui faire signer l'arrêté, tandis que des policiers ont effectué la même démarche chez l'autre déclarante, à Reims. Il dénonce cette situation en affirmant que les organisateurs sont "assignés à résidence".

Des précédents marqués par des dégradations et un blessé grave

La journée du 7 novembre correspondait à l'"Acte IV" de la coordination des gilets jaunes. Lors de la mobilisation du 17 octobre à Reims, entre 3 500 et 5 000 personnes avaient défilé et 23 interpellations avaient eu lieu, d'après les informations de France 3 Régions relayées par Ma vigilance. Une dizaine de commerces du centre-ville avaient été dégradés ou pillés.

Le 24 octobre, environ 2 500 personnes avaient manifesté. Un participant avait été grièvement blessé au tibia par une grenade des forces de l'ordre ; une enquête avait été confiée à l'IGPN, selon les informations de franceinfo rapportées par Ma vigilance.

Une autre mobilisation, déclarée, avait traversé le centre-ville le jeudi 5 novembre. Ce défilé intersyndical et interprofessionnel avait rassemblé plus de 2 500 personnes sans incident, rapporte L'Hebdo du vendredi.

D'autres restrictions et un réseau de transport modifié

Les préfectures de l'Aisne, des Ardennes et de la Marne ont pris plusieurs arrêtés pour encadrer la journée du 7 novembre. À Reims, outre l'interdiction du défilé déclaré, un second arrêté a interdit de 7 heures à 23 h 59 la présence et la circulation des participants à des cortèges non déclarés dans l'hypercentre, les quartiers de la gare et du Rectorat, ainsi que le long du canal.

Ce texte interdisait également le port et le transport d'armes, d'artifices et d'articles pyrotechniques, de substances dangereuses et d'équipements de protection.

Le tramway de Reims n'a pas circulé ce samedi et le centre-ville n'était pas desservi. Grand Reims Mobilités, exploité par Transdev, a mis en place deux lignes de bus de substitution.

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