Casserolades : le rassemblement de vendredi annulé à Paris après son interdiction

La coordination des Gilets jaunes renonce au rendez-vous prévu le 30 octobre, de 18 h à 21 h, devant l'Assemblée nationale. Elle a refusé le lieu proposé par la préfecture, place des Invalides, mais confirme des casserolades en province.

Camille Wouters

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La coordination refuse de se déplacer aux Invalides

Selon la coordination des Gilets jaunes, la préfecture a interdit le rassemblement annoncé devant l'Assemblée nationale. Les organisateurs ont donc annulé la mobilisation parisienne plutôt que d'accepter de la tenir place des Invalides, à plus de 500 mètres du Palais-Bourbon.

Dans son communiqué, la coordination explique ce refus par sa volonté d'alerter sur les revendications du mouvement social. David Libeskind, membre de la coordination et avocat des Gilets jaunes, précise : "Il n'y aura pas de casserolade à Paris ce vendredi, il y en aura en province".

Ces rassemblements, attendus dans plusieurs villes de France ce week-end, ont inspiré le dessinateur Chaunu pour son dessin du jeudi 29 octobre 2026.

Un appel national lancé le 25 octobre

L'annulation parisienne intervient après l'appel annoncé dimanche 25 octobre par la coordination. Selon L'Indépendant et actu.fr, le programme initial prévoyait une casserolade vendredi 30 octobre à 18 h devant l'Assemblée nationale, suivie à 19 h d'actions "partout en France", devant les mairies, aux fenêtres ou dans la rue.

La coordination appelle également à un "acte III" samedi 31 octobre, "pour la défense des libertés publiques". Au 26 octobre, 406 actions étaient déjà recensées.

Pour expliquer cette mobilisation, la coordination dénonce les interdictions de manifestations et les restrictions dans les centres-villes. Selon L'Indépendant, elle accuse "le président Emmanuel Macron et son gouvernement" de franchir "une étape de plus dans la dérive autoritaire" et promet de faire "entendre nos casseroles sous les fenêtres des parlementaires".

Des restrictions à Paris et 70 000 membres des forces de l'ordre mobilisés samedi

À Paris, un arrêté reconduisant celui du 19 octobre encadre les rassemblements dans plusieurs secteurs, notamment autour de l'Élysée, de l'Assemblée nationale et des Champs-Élysées, rapporte Yahoo Actualités (HuffPost). Tout rassemblement non déclaré y est interdit dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre, puis de vendredi à 20 h jusqu'à lundi à 6 h. Dans ces mêmes secteurs, les mineurs non accompagnés sont soumis à un couvre-feu de 21 h à 6 h.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, estime que la journée du samedi 31 octobre sera "à risque très élevé de troubles à l'ordre public". Il a annoncé que 70 000 policiers et gendarmes seraient mobilisés sur le territoire, dans le cadre d'un dispositif qualifié d'"exceptionnel", avec des rappels sur les congés.

Une marche prévue samedi, puis un appel syndical le 5 novembre

Une nouvelle marche contre la vie chère est prévue samedi 31 octobre dans la capitale, selon actu.fr. Les Gilets jaunes demandent à défiler de la place de la Bastille à la place de la Concorde. Si la préfecture refuse cet itinéraire, ils se réservent la possibilité de contester sa décision en justice et envisagent une plainte pour atteinte à la liberté de manifester.

Au-delà des actions des Gilets jaunes, L'Indépendant rapporte un appel à la grève et aux manifestations pour le jeudi 5 novembre. Lancé par une intersyndicale associant la CGT, la CFDT, FO, l'Unsa et la FSU, il porte sur "les salaires, les services publics, l'emploi et l'industrie".

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