Une tentative pour faire évader Marie-Antoinette
Né à Arras le 17 septembre 1761, Alexandre Dominique Gonsse de Rougeville est à l'origine du "complot de l'œillet" en 1793. Avec Jean-Baptiste Michonis, inspecteur des prisons, il organise une tentative d'évasion de Marie-Antoinette, détenue à la Conciergerie. L'opération échoue.
En 1804, Napoléon lui impose de résider à Reims sous surveillance policière : il juge prudent de tenir Rougeville éloigné de Paris. La ville reste son lieu de résidence jusqu'à sa mort, dix ans plus tard, à 52 ans.
Un courrier qui le conduit devant le conseil de guerre
Lors de la campagne de France de 1814, Rougeville guide des troupes cosaques dans les forêts de Villers-Cotterêts et d'Épernay. Un détachement français intercepte alors une lettre qu'il a écrite à un général russe. Cette interception entraîne son passage devant le conseil de guerre, puis son exécution dans l'heure.
La vie rémoise rapporte que, sur le trajet vers le lieu d'exécution, une foule tente de le lyncher place Impériale, en le traitant de "traître". Les soldats contiennent l'émeute. Le 9 avril 1814, cette même foule acclame le rétablissement de la monarchie sur cette place, qui a repris le nom de place Royale.
Le sort de sa dépouille est également relaté par La vie rémoise. Après l'exécution, son corps est placé dans la chapelle Sainte-Croix du cimetière du Nord. Le lendemain, il est découvert nu sur le dallage : ses vêtements lui ont été enlevés. Il est ensuite jeté dans la fosse commune, avant que ses restes ne rejoignent, plus tard, l'ossuaire du cimetière.
Un personnage passé du roman à la télévision
C'est notamment la participation de Rougeville au complot de l'œillet qui nourrit Le Chevalier de Maison-Rouge, le roman historique qu'Alexandre Dumas publie en 1846 en s'inspirant de sa vie.
Dumas porte ensuite le récit au théâtre sous le même titre. La première représentation a lieu au Théâtre-Historique le 3 août 1847. En 1963, Claude Barma en réalise une adaptation en feuilleton télévisé pour l'ORTF.






