Crise au fédéral : Bouchez appelle à la retenue avant son audience avec le roi

Georges-Louis Bouchez a appelé lundi soir 2 novembre à permettre un accord, alors que le roi Philippe tient en suspens la démission du gouvernement de Bart De Wever. Le président du MR, attendu au Palais mercredi à midi, exclut toute nouvelle déclaration sur le sujet avant cette rencontre.

Camille Wouters

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Le MR défend une réduction des dépenses

Dans son message publié sur les réseaux sociaux, Georges-Louis Bouchez juge "fondamental de garder son calme et son sang-froid". Il en appelle à la retenue des responsables politiques : "Le sens des responsabilités doit nous conduire à la plus grande mesure afin de permettre l'aboutissement d'un accord indispensable à notre pays".

Sur le fond, le président du MR invoque une inflation élevée et une croissance faible pour défendre la réduction des dépenses publiques. Selon lui, "notre modèle social ne va pas s'effondrer parce que l'on remet de l'ordre en son sein et le sens de la responsabilité individuelle".

Il s'oppose également à de nouvelles hausses de taxes, affirmant que "plus personne n'acceptera de faire des efforts et de prendre des risques pour toujours donner plus à un État trop souvent inefficace". Il demande que "la réalité économique revienne dans le débat politique".

La fiscalité figure au coeur du désaccord budgétaire. Selon des sources gouvernementales citées par L'Avenir, le MR et Vooruit sont les deux partis qui se sont affrontés jusqu'au terme des discussions. Le vice-Premier ministre MR David Clarinval estime que "le volume de taxes sur la table reste beaucoup trop élevé" et qu'il "dépasse largement ce qui était prévu dans l'accord de gouvernement".

L'échec budgétaire à l'origine de la démission

Le comité ministériel restreint, appelé "kern", s'est séparé sans accord dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 novembre 2026. Les discussions sur le budget 2027 portaient sur un effort de 10 milliards d'euros à l'horizon 2029. Après cet échec, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) a présenté lundi la démission de son gouvernement au roi Philippe, qui ne s'est pas encore prononcé.

L'Arizona rassemble la N-VA, le MR, Les Engagés, Vooruit et le CD&V, cinq partis issus des élections du 9 juin 2024. Il leur avait fallu de longues négociations pour conclure leur accord de gouvernement, le 31 janvier 2025.

Pour Bart De Wever, cette démarche auprès du souverain est la troisième en moins de deux ans et demi. Encore formateur, il avait présenté sa démission le 22 août 2024, puis le 4 novembre de la même année. Le roi avait refusé cette seconde démission.

Une offre de soutien et une mise en garde économique

Mardi 3 novembre, Frédéric De Gucht, président des libéraux flamands d'Anders, a renouvelé sa proposition de mettre les huit députés de son parti à la Chambre au service d'une politique économique de droite. Il refuse toute augmentation d'impôts et propose un plan d'assainissement de 16 milliards d'euros.

Du côté patronal, Pieter Timmermans avait lancé un avertissement dès le 2 novembre. L'administrateur délégué de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) estime que les marchés financiers surveillent de plus en plus attentivement la Belgique. À ses yeux, ce contexte ne se prête ni au déclenchement d'une crise politique ni à une incertitude accrue.

Des consultations royales jusqu'à vendredi

Le calendrier des audiences prévoit, mardi 3 novembre, la réception d'Yvan Verougstraete (Les Engagés) à 10 h 30, puis de Sammy Mahdi (CD&V) à 12 h. Mercredi 4 novembre, Conner Rousseau (Vooruit) est attendu à 10 h 30 et Georges-Louis Bouchez (MR) à 12 h. Le président du MR a annoncé qu'"aucune déclaration complémentaire sur ce sujet ne sera faite" avant son entretien avec le roi Philippe.

Le souverain doit ensuite recevoir Valerie Van Peel (N-VA) jeudi 5 novembre à 12 h, puis Bart De Wever vendredi 6 novembre à 10 h 30.

Même si le roi reconfirme Bart De Wever dans ses fonctions, le calendrier budgétaire restera contraint. Selon La Libre Belgique, le Parlement n'a plus le temps de voter un budget avant la fin de 2026 : le recours aux douzièmes provisoires sera donc probablement nécessaire au début de 2027.

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