Un désaccord sur les efforts à demander
Dans un communiqué relayé le 4 novembre par Belga et Le Soir, les organisations de jeunesse de quatre des cinq partis de la coalition Arizona réclament un retour au "sens des responsabilités dans la politique nationale". L'appel réunit les jeunes MR, Génération Engagée (Les Engagés), Jong CD&V et Jong N-VA, précise La Libre Belgique.
Pour les signataires, l'issue de la crise ne changera pas l'ampleur du problème budgétaire. Ils jugent nécessaires des réformes profondes face au déficit et à la dette, et rappellent que le gouvernement a été constitué pour les mener, avec un mandat clair. Ils demandent à chacun de dépasser les intérêts de sa propre base afin de préserver la prospérité, de renforcer l'économie et de garantir la sécurité sociale à court comme à long terme. Leur communiqué affirme : "Reporter les dettes sur notre génération n'est pas une option."
Les initiateurs indiquent avoir également sollicité les JongSocialisten, qui ont décliné. Leur président, Brent Bellefroid, explique ce refus par l'absence d'un engagement sur le partage des efforts. Selon ses déclarations rapportées par La Libre Belgique, "les efforts doivent être répartis équitablement", ce qui suppose "une contribution des plus fortunés, y compris des millionnaires". Or, ajoute-t-il, "le texte ne prévoyait rien de tel".
La démission de Bart De Wever reste en suspens
Le blocage entre la N-VA, le MR, Les Engagés, Vooruit et le CD&V porte sur un effort de 10 milliards d'euros à l'horizon 2029, destiné à réduire le déficit public fédéral, rapporte La Libre Belgique.
Après l'échec des négociations budgétaires, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) a présenté sa démission au roi Philippe le lundi 2 novembre 2026. Le souverain a laissé sa décision en suspens. Son tour de consultations des présidents des partis de la majorité devait s'achever le jeudi 5 novembre, avant une nouvelle audience avec le chef du gouvernement prévue le vendredi 6 novembre.
Un déficit et une charge d'intérêts en hausse
Les dernières estimations du Comité de monitoring, citées par La Libre Belgique, donnent la mesure du déséquilibre : sans mesures d'assainissement, le déficit fédéral atteindrait 5,2 % du PIB en 2029, contre 3,9 % en 2026. En montant, il passerait d'environ 25,7 milliards à quelque 38,3 milliards d'euros.
Les intérêts de la dette fédérale représenteraient pour leur part 1,9 % du PIB en 2026, puis 2,5 % en 2029 et 3 % à l'horizon 2031. Dans un message daté du 25 octobre 2026, le vice-Premier ministre des Engagés Maxime Prévot a estimé qu'à politique inchangée, les intérêts payés par le pays pourraient dépasser 50 milliards d'euros par an d'ici moins de dix ans, contre environ 16 milliards actuellement.
Pour alléger la dette, l'exécutif prévoit notamment de céder 20 % du capital de Belfius à des investisseurs privés. Il attend 2 milliards d'euros de cette opération. Les investisseurs intéressés avaient jusqu'au jeudi 5 novembre 2026 pour remettre leurs offres.
Les projets menacés par une chute du gouvernement
Selon La Libre Belgique, une chute du gouvernement empêcherait plusieurs projets de l'Arizona d'aboutir. Parmi eux figurent la création d'un parquet national financier et l'annualisation du temps de travail, dont l'application est prévue à partir de 2027.
Des textes éthiques seraient également concernés : IVG, mères porteuses, accouchement discret et extension des conditions d'euthanasie. Le gouvernement s'était engagé à les déposer à la Chambre au plus tard le 1er décembre.





