Nicolas Ullens condamné à 12 ans de prison ferme pour l'assassinat de Myriam Lechien

La cour d'assises du Brabant wallon, réunie à Nivelles, a prononcé le 4 novembre 2026 une peine de 12 ans de prison ferme contre Nicolas Ullens de Schooten. Il était jugé pour l'assassinat de sa belle-mère Myriam Lechien, tuée par balles le 29 mars 2023 à Lasne. La cour n'a toutefois pas ordonné so…

Antoine Verstraeten

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Une condamnation sans arrestation immédiate

Selon RTBF Actus et La DH/Les Sports+, la peine s'accompagne d'une déchéance des droits civils et politiques pour dix ans. Le ministère public avait demandé l'arrestation immédiate de Nicolas Ullens après le prononcé, mais la cour a refusé. Lui qui comparaissait libre a donc pu regagner son domicile dans l'attente de son écrou.

La décision intervient après une interruption du procès de près d'un mois. À la suite de la condamnation du 6 octobre 2026, la défense avait demandé la récusation du président Pierre Delcour et de ses deux assesseurs. Elle contestait leur intervention lors du délibéré sur la préméditation. D'après RTBF Actus, le rejet de cette requête par la Cour de cassation, le 21 octobre, a permis aux mêmes juges de reprendre les débats sur la peine.

Vingt-cinq ans requis, cinq ans maximum demandés par la défense

Le 4 novembre au matin, l'avocate générale avait réclamé 25 ans d'emprisonnement, en insistant sur la gravité des faits. Me Quentin Mayence avait, à l'inverse, demandé une peine ne dépassant pas cinq ans : au-delà, un sursis probatoire n'est pas légalement possible. Les jurés et les magistrats se sont retirés pour délibérer peu avant 11 heures.

Pour défendre cette demande, l'avocat s'était appuyé sur l'article 27 du nouveau code pénal, entré en vigueur en septembre 2026. Ce texte définit les objectifs de la peine et réserve l'emprisonnement aux situations où aucun autre moyen ne permet de les atteindre.

Selon la défense, une nouvelle incarcération ne se justifiait pas, notamment au regard du faible risque de récidive évalué par les experts. Me Mayence avait rappelé que Nicolas Ullens s'était présenté de lui-même à la police après avoir tué sa belle-mère et avait respecté toutes les conditions imposées par la justice. Après plusieurs mois de détention préventive, il avait été placé sous bracelet électronique, avant de comparaître libre. "La société dans son ensemble n'a rien à gagner à remettre monsieur Ullens en prison", avait conclu l'avocat.

La relation avec son père au centre des circonstances atténuantes

Me Mayence avait présenté le contexte familial comme la circonstance atténuante "première et déterminante". Il invitait la cour à considérer la relation de Nicolas Ullens avec son père du point de vue de son client. Sans nier les questions d'argent, il soutenait qu'elles n'étaient pas l'élément dominant. Il avait aussi invoqué les regrets de l'accusé et son absence d'antécédent judiciaire, deux points reconnus par l'avocate générale.

Pour déterminer la peine, la cour a notamment retenu les frustrations accumulées pendant trois décennies dans la relation avec le baron Guy Ullens, rapporte La DH/Les Sports+. Elle a également pris en considération sa reddition spontanée, le fait qu'il ait assumé sa responsabilité après les faits et sa situation socioprofessionnelle à l'époque. Malgré un épisode survenu pendant ses études, elle n'a pas retenu chez lui une personnalité portée à résoudre les conflits par la violence.

Des réactions opposées au verdict

L'avocat des enfants de Myriam Lechien, Me Laurent Kennes, aurait souhaité une sanction beaucoup plus lourde. Selon RTBF Actus, il a dénoncé "une justice de classes".

À la sortie de l'audience, Nicolas Ullens a déclaré à La DH/Les Sports+ : "C'est psychologiquement dur, je ne préfère pas faire de déclarations intempestives ou qui pourraient blesser". Il a également indiqué avoir passé sept mois à la prison de Nivelles.

Une éventuelle libération conditionnelle soumise au tribunal

La DH/Les Sports+ rapporte que Nicolas Ullens a déjà effectué près de trois ans de détention préventive. Selon le journal, il pourrait demander une libération conditionnelle d'ici un an auprès du tribunal d'application des peines, les détenus belges pouvant y prétendre au tiers de leur peine. Cette possibilité ne préjuge pas de la décision du tribunal, qui reste libre de refuser la demande.

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