Le MR défend l'accueil de Reza Pahlavi malgré les critiques

Reza Pahlavi, fils du Shah d'Iran, a participé jeudi 5 novembre à la réunion hebdomadaire du groupe MR à la Chambre, puis à une réception au siège du parti avec des membres de la diaspora iranienne. Georges-Louis Bouchez assume cette invitation, maintenue à titre privé après l'abandon d'un accueil…

Camille Wouters

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Bouchez donne la priorité à la chute du régime iranien

Le président du MR s'est dit "surpris" des critiques suscitées par la visite. À ses yeux, la priorité reste de faire tomber le régime des mollahs. Son rapprochement avec Reza Pahlavi remonte à plusieurs mois : selon 21 News, les deux hommes s'étaient rencontrés à Paris fin juillet 2026. Georges-Louis Bouchez avait ensuite défendu une prise de contact avec la diplomatie belge et une invitation au Parlement fédéral.

Cet accueil est toutefois contesté jusque dans l'opposition iranienne, divisée entre plusieurs courants, dont le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) et des mouvements moins organisés. Les critiques portent notamment sur les positions de Reza Pahlavi et sur l'héritage de son père, renversé en 1979.

Face aux journalistes belges et iraniens, Reza Pahlavi a appelé à "fédérer l'opposition" contre le régime. Il a demandé à la Belgique et à l'Union européenne de durcir les sanctions économiques visant l'Iran et d'isoler Téhéran sur le plan diplomatique. Il les a également exhortées à rétablir l'accès des Iraniens à Internet et aux communications.

La Chambre avait renoncé à une réception officielle

La rencontre avec le groupe MR ne constituait pas une réception officielle de la Chambre. Selon La Libre Belgique, la Conférence des présidents avait abandonné ce projet le 21 octobre, après un avis réservé émis le 16 octobre par le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés). L'accueil était initialement envisagé pour le 5 novembre ; le MR avait alors choisi de conserver son invitation dans un cadre privé.

Avant cette décision, 47 associations iraniennes implantées en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en France avaient écrit aux autorités belges, rapporte le CNRI. Leur courrier, adressé au Premier ministre, au ministre des Affaires étrangères et aux présidents des deux chambres du Parlement, contestait à la fois la réception prévue et la rencontre avec le ministre de la Défense Theo Francken.

Maxime Prévot, qui avait déconseillé la venue de Reza Pahlavi, s'était aussi opposé à sa reconnaissance comme représentant légitime du peuple iranien. Selon le CNRI, le ministre avait publiquement rejeté, le 23 octobre, une demande formulée en ce sens par un élu MR, en affirmant que seuls les Iraniens devaient choisir qui dirigerait leur pays.

Plus largement, des organisations iraniennes, des responsables politiques belges et des organisations de défense des droits humains avaient demandé l'annulation des rencontres.

Une invitation à l'École royale militaire également contestée

Le programme prévu à l'École royale militaire a fait l'objet d'une lettre ouverte au Premier ministre Bart De Wever, datée du 29 octobre. Une trentaine de personnalités belges en réclamaient l'annulation, invoquant notamment le refus de Reza Pahlavi de prendre ses distances avec l'héritage de son père et de la SAVAK. Parmi les signataires figuraient Louis Michel et Gérard Deprez (MR), André Flahaut et Pierre Galand (PS), Sven Gatz (Anders) et Rajae Maouane (Écolo).

Le cabinet de Theo Francken (N-VA) avait précisé dès le 23 octobre que cette invitation ne constituait "en aucun cas" un soutien politique à une forme de gouvernance, à un mouvement politique ou à une ambition personnelle. Il présentait la conférence comme un élément d'un programme plus large de contacts avec différents acteurs.

Après des rencontres au Parlement européen mercredi et les rendez-vous organisés par le MR jeudi, Reza Pahlavi est attendu vendredi 6 novembre à l'École royale militaire, à l'invitation du ministre de la Défense.

Bart De WeverBelgiqueMR
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